La sécurité à l'école : des idées pour les élèves


1994


Pour vous - avec vous

Mot du Ministre

Tout le monde souhaite que les élèves et le personnel scolaire étudient et travaillent en sécurité dans les écoles de l'Ontario. Cependant, certains incidents violents éclatent malgré tout. Le gouvernement de l'Ontario s'efforce donc de trouver des moyens d'éliminer la violence dans les écoles. C'est ainsi qu'en juin 1994, les conseils scolaires ont reçu de nouvelles directives pour faire face à la violence et pour la prévenir.

Ce qu'il faut vraiment, c'est que toute la communauté, plus particulièrement les élèves, participent à la lutte contre la violence dans les écoles. Voilà pourquoi on a produit ce livret. Il donne des idées aux élèves dans un esprit de créativité. Par ailleurs, les parents et le personnel enseignant pourraient revoir le livret avec les plus jeunes pour discuter des problèmes et de ce qui peut se faire à leur échelle.

Le ministère de l'Éducation et de la Formation est fier d'avoir collaboré avec le Groupe de travail sur la sécurité à l'école pour produire La sécurité à l'école : des idées pour les élèves.

Dave Cooke
Ministre de l'Éducation et de la Formation
Député de Windsor-Riverside


Mot de Stuart Auty,
président du Groupe de travail sur la
sécurité à l'école

La violence dans les écoles, ce n'est pas nouveau. Cependant, le nombre d'incidents violents augmente à une vitesse déconcertante. Le groupe de travail sur la sécurité à l'école a été établi en 1990 pour élaborer des programmes visant à maîtriser cette situation inacceptable dans les écoles de l'Ontario.

Pour aborder le problème de la violence, il faut d'abord en reconnaître l'existence. Ensuite, nous devons croire fermement en notre pouvoir de rendre les écoles plus sûres.

Nous avons tous et toutes un rôle à jouer pour prévenir la violence liée de près ou de loin aux acti-vités organisées par l'école. Rien ne sert de nier le problème car la situation ne s'arrangera pas d'elle-même. Il faut plutôt que tout le monde mette la main à la pâte.

Ce livret est plein d'idées pour réduire la violence. Peut-être y trouverez-vous de bonnes idées pour votre école. Essayez-les. Adaptez-les. Pensez à unir vos efforts pour assurer la sécurité de nos écoles. Vous êtes vraiment la clé de la solution!

Stuart Auty

P.S. : Si vous avez des suggestions ou voulez des renseignements, communiquez avec moi à l'adresse et au numéro suivants :

5050 rue Yonge
North York ON
Canada M2N 5N8
Tél. :  (416) 395-8326
Fax : (416) 395-4508


Former un comité sur la sur la sécurité à l'école

Le plein d'énergie

On peut faire plein de choses pour combattre la violence à l'école. Sans aide, on est impuissant, mais à plusieurs, on peut déplacer des montagnes. Mettez donc vos énergies en commun pour élaborer des projets et mener des activités. Et un comité d'élèves sur la sécurité à l'école constitue le groupe idéal pour faire le plein d'énergie!

Comme il n'y a pas de structure prédéterminée pour un tel comité, vous êtes libres de le façonner à votre goût! La direction de l'école, d'autres élèves, le personnel d'administration et d'enseignement, des membres de la police, de la communauté et des entreprises peuvent vous y aider. Ensuite, à vous de décider du fonctionnement et des objectifs!

Comité, au travail!

Rappelez-vous que le but d'un comité d'élèves sur la sécurité à l'école est d'éliminer la violence et que c'est à vous de décider du chemin à prendre. Même s'il n'y a pas de formule particulière ou de règlements définis,voici des suggestions utiles pour faire fonctionner votre comité.

Soyez englobant Les comités d'élèves sur la sécurité à l'école peuvent fonctionner à n'importe quel échelon du système scolaire à partir de la maternelle. Les tâches et activités peuvent être adaptées aux élèves des différentes années. Assurez-vous que toutes les années d'études sont représentées, mais rappelez-vous que le but demeure le même – des écoles sans violence.

Allez chercher votre monde Les membres de votre comité sont essentiels au succès de votre entreprise. Ne rejetez personne. Acceptez bien sûr les volontaires, mais recrutez encore et encore. Et pas seulement auprès des élèves déjà conscients des problèmes de violence à l'école, mais auprès des autres, qui ne ressentent pas d'emblée le besoin de se joindre au comité. La perspective de chaque membre jette une lumière nouvelle sur les pro-blèmes et vous rapproche des solutions possibles.

Créez des partenariats La communauté, l'administration et le personnel enseignant peuvent peut-être vous être utiles. C'est à vous de décider qui fera partie de votre comité, mais ne négligez pas les conseils qu'on peut vous offrir.

Répartissez-vous les tâches Votre comité aura beaucoup à faire pour combattre la violence. Il sera plus fort et accomplira davantage si vous établissez des sous-comités pour différentes tâches. Les petits groupes peuvent ensuite se rapporter au comité plénier.

La satisfaction du travail accompli

Au bout du compte, si vous visez juste et tirez parti des idées de votre comité d'élèves sur la sécurité à l'école, vous tenez la clé du succès de votre entreprise. La satisfaction du travail accompli sera le carburant de votre comité.

Vous atteindrez plus aisément vos objectifs en suivant les conseils que voici :

En route pour la gloire Le succès entraîne le succès. Mais pour cela, il faut y aller molo. Rien ne sert de se casser les dents sur des projets trop ambitieux. Commencez d'abord par les projets les plus simples, puis, avec l'expérience, attaquez-vous aux « gros morceaux ».

Fixez-vous des buts Si vous ne savez pas ce que vous voulez accomplir, vous aurez du mal à savoir où vous arrêter. Transformez vos idées générales en objectifs précis. Assurez-vous que tout le monde comprend et accepte les buts fixés.

Chacun son métier... Chaque personne a ses points forts. Encouragez les membres de votre comité à mettre leurs compétences de l'avant et faites une place à chacun et chacune dans votre équipe.

Faites connaître vos attentes Assurez-vous que les membres de votre comité savent quoi faire et quand le faire. Documentez la marche des activités et faites le point en groupe. Chacun et chacune devrait être prêt à donner des idées et à participer aux tâches.

À tout seigneur, tout honneur

Un travail bien fait vaut qu'on s'en vante un peu! Parlez aux autres de votre comité d'élèves, de la marque qu'il va laisser. Décrivez comment vos efforts ont aidé à prévenir la violence dans votre école et dans votre communauté. Partagez votre expérience avec d'autres pour qu'ils et elles puissent bénéficier de vos réussites.

Votre comité peut aussi tirer de bonnes leçons de ses propres erreurs. Même si vous n'atteignez pas tous vos buts, vos expériences pourront servir à réaliser d'autres projets.

Ne négligez pas les expériences des autres comités. Faites-les parler de leurs activités et discutez des vôtres; peut-être trouverez-vous des solutions à des problèmes communs ou unirez-vous vos efforts pour réaliser un même programme.

Ne vous gênez pas pour dire aux autres élèves ce que votre comité fait. Décrivez en détail vos activités. Invitez-les à participer aux projets qui les touchent directement. Recherchez leur opinion, à l'aide, par exemple, de sondages ou de questionnaires. Faites un suivi et affichez-le au babillard ou distribuez-en des copies. Et surtout, soyez attentifs pour mieux répondre à leurs préoccupations.


Projets d'activités pour les écoles secondaires

Un oeil sur la sécurité, l'autre sur l'avenir!

Parfois, il suffit de bien peu de chose pour assurer la sécurité dans les écoles. Disons qu'on peut commencer par faire un petit contrôle de la sécurité, une opération qui consiste ni plus ni moins à inspecter les lieux. Et vous, les élèves, vous êtes bien placés pour le faire!

Comment s'y prendre? Si on garde l'œil ouvert sur ce qui se passe à l'école et dans le voisinage, on a de meilleures chances d'être au courant des acti-vités suspectes. Si on connaît les problèmes, c'est plus facile de trouver des solutions! Un contrôle de la sécurité aide à savoir où certains actes de violence sont commis, leur nature, les auteurs et peut-être les raisons. Avec ce genre de renseignements, on tient la clé de solutions réalistes.

Lumière! Un bon éclairage tient la violence à distance. Insistez auprès de la direction pour que les zones sombres et propices aux actes violents soient mieux éclairées.

À bien y penser... Pensez aux actes violents commis durant les dernières années et aux endroits où ils l'ont été. Pourquoi là plutôt qu'ailleurs? Quelles en sont les causes? Discutez avec le personnel de l'école ou avec vos parents pour savoir comment prévenir le mal avant qu'il ne frappe.

Plus jamais seul(e) Repérez à l'intérieur comme à l'extérieur de l'école les coins isolés et peu fréquentés où l'on risque de se faire attaquer ou agresser. Pensez à des façons de rendre ces zones plus accessibles ou visibles, par exemple en rabattant les arbustes et les buissons qui bloquent la vue. Posez des affiches pour rappeler qu'il y a des risques à s'y aventurer seul(e) et pour dissuader les gens de passer par là.

État d'alerte! On devrait toujours être prêt(e) à réagir au danger ou « être sur le qui-vive ». Demandez à la direction et au personnel de l'école ce qui se fait pour renseigner les élèves sur la violence et les aider à reconnaître les situations à risque et les maîtriser au besoin. Il ne suffit pas de savoir éviter la violence, il faut aussi apprendre à y faire face si elle éclate.

Sortez un peu! Les problèmes, ça se promène. Sortez de l'école pour faire votre contrôle de sécurité. Invitez les membres de la communauté (parents, propriétaires de commerce, résidants) à collaborer avec l'école pour régler des conflits dans le voisinage avant que n'éclate la violence. Un réseau de numéros de téléphone, par exemple, pourrait faciliter cette collaboration.

Préparez le terrain Les contrôles de sécurité peuvent être aussi complexes ou simples que vous voulez. C'est vous qui décidez. Vous pouvez faire vos inspections avec votre comité sur la sécurité à l'école ou former un comité séparé. Déterminez les points importants et répartissez-vous les tâches. Une fois que chaque membre aura terminé sa partie du contrôle, rassemblez votre monde pour discuter des moyens d'assurer la sécurité à l'école. Tout sera alors en place pour entreprendre les activités planifiées.

Pleins feux sur vos projets

Ce ne sont pas les bonnes nouvelles comme les coups évités et les problèmes résolusqui font le plus souvent la manchette. De telles histoires valent pourtant la peine d'être racontées.

Vous pouvez sensibiliser les gens aux façons créatives dont les élèves, le personnel enseignant et administratif, les parents et d'autres partenaires de votre école réagissent devant des situations problématiques. Racontez, dans le journal de l'école, comment certaines personnes de votre entourage combattent la violence à l'école. Envoyez votre article au journal communautaire, à la télé ou à la radio. Clamez bien fort qu'une bonne nouvelle, c'est au moins aussi intéressant qu'une mauvaise nouvelle.

Invitez les médias à votre école pour leur montrer ce que vous faites contre la violence. Si vous avez fait un contrôle de la sécurité, faites-leur faire le tour des zones dangereuses en leur communiquant ce que vous avez appris sur ce qui déclenche les problèmes et comment les prévenir.

Écrivez au courrier du lecteur de votre hebdo. Demandez du temps d'antenne aux stations du câble, à la station de télé locale ou à la radio. Faites-vous entendre sur les lignes ouvertes. Organisez une conférence de presse pour annoncer des événements ou des réalisations « spécial sécurité ». Les occasions ne manquent pas – Creusez-vous les méninges, faites courir votre imagination!

Silence, on tourne!

Pas besoin d'être une vedette pour faire un film. Mettez la vidéo au service de vos activités de sécurité à l'école. Produisez un mini-documentaire sur les « lieux troubles ». Apportez une caméra sur les lieux de l'enquête. Interviewez votre équipe de contrôle pendant qu'elle fait le tour des lieux.

Vous pouvez aussi interviewer des élèves, des enseignants ou enseignantes, des membres de l'administration et du conseil scolaire, des parents ou des agents de police qui s'affairent à sortir la violence de l'école. Ils et elles peuvent raconter des anecdotes et donner des trucs pratiques pour mettre votre école à l'abri de la violence.

Une fois votre film-vidéo terminé, demandez aux enseignantes et enseignants de le présenter en classe. Pourquoi ne pas en donner une copie aux stations de télé communautaires pour diffusion? Et même aux autres stations? On ne sait jamais, il pourrait faire fureur!


Projets de sécurité dans les écoles élémentaires

Bonjour, je me présente

Votre classe est comme un petit quartier ou un village : toute sorte de monde vit dans le même entourage. Tous les jours, vous voyez les mêmes têtes. Vous jouez, vous étudiez ensemble – tout comme avec les amis de votre voisinage.

Vos meilleurs amis ou amies sont peut-être dans votre classe. D'autres élèves vous sont encore étrangers. Mais peu importe, tout le monde dans votre classe, comme dans votre école d'ailleurs, a quelque chose à dire.

Présentez-vous et rencontrez les autres élèves. Avec l'aide de votre enseignant ou enseignante, créez un projet pour que les élèves de votre classe se connaissent mieux : chaque élève peut répondre à une question posée par écrit par les autres. Découvrez le sentiment de la classe sur la sécurité à l'école : Invitez-les à donner des idées pour rendre l'école plus sûre. Sait-on seulement comment la violence commence et comment s'en tenir loin?

Une fois que tout le monde se connaît un peu mieux, c'est plus facile de réunir des groupes pour des projets de sécurité à l'école. Réfléchissez aux causes de la violence et aux moyens de la prévenir : Que feriez-vous si vous, ou vos camarades, vous sentiez menacés? Vos enseignantes et enseignants et vos parents peuvent aussi vous aider à trouver des moyens pour prévenir la violence dans votre classe, votre école et votre vie.

La sécurité en s'amusant

Vivre en sécurité, c'est sérieux, mais ça peut se faire en s'amusant. Pensez aux façons dont vous pouvez jouer la sécurité à fond pour apprendre à faire face aux situations violentes.

Par exemple, faites une carte de votre quartier en dessinant tous les immeubles et les rues sur une grande feuille. Encerclez et numérotez les zones où il y a déjà eu des problèmes ou tout endroit risqué auquel vous pouvez penser.

Après avoir choisi une zone, formez deux équipes. La première équipe raconte une histoire sur les problèmes qui peuvent surgir dans cette zone. Ce pourrait être un endroit sombre ou un endroit où des « p'tits bums » se tiennent et menacent les passants; ce pourrait être aussi un endroit où il y a souvent des bagarres ou n'importe quelle forme de grabuge.

La deuxième équipe explique alors comment elle traiterait ces problèmes. Les deux équipes pensent ensemble à d'autres moyens d'éviter les ennuis à cet endroit.

Écrivez vos réponses dans un cahier. Lorsque les équipes ont fait le tour de toutes les zones, revoyez vos notes avec le personnel enseignant et la direction et trouvez avec eux et vos parents d'autres moyens de faire de l'école et du quartier un milieu plus sûr.

Au secours!

Que feriez-vous si vous voyiez quelqu'un se faire attaquer ou menacer à votre école, dans votre voisinage ou à la maison? À qui vous adresseriez-vous si l'on vous menaçait ou si l'on vous attaquait? Savez-vous où aller ou qui appeler au secours en cas de besoin?

Aux premiers signes d'ennuis, vous devez être prêts à agir. C'est beaucoup plus facile si vous savez où trouver de l'aide avant qu'une situation ne vous y force. Le temps que vous passez maintenant à planifier votre réaction à une situation d'urgence vous aidera à agir plus promptement en cas de besoin.

Demandez à votre enseignante ou enseignant d'aider votre classe à faire une liste des endroits où aller ou des gens à qui demander secours. Réfléchissez à toutes les fois où vous pourriez avoir besoin d'aide. Parlez-en à vos camarades de classe et sachez qui contacter directement en cas de besoin.

Votre classe peut faire une grande affiche de ces noms, adresses et numéros de téléphone que vous mettrez sur un mur à la vue de tous et de toutes. Ou chacun et chacune peut faire sa propre liste qu'il ou elle gardera dans un cahier personnel.

Des poèmes à la scène

On peut trouver d'autres façons de faire face à la violence à l'école par différentes méthodes : on peut dessiner, écrire des poèmes, faire une mise en scène, faire de la photo ou écrire une chanson. Et c'est probablement moins compliqué que ça en a l'air. Parlez-en entre vous.

Vous pourriez exprimer de plusieurs façons vos sentiments face à votre école et face à votre volonté d'y assurer la sécurité pour tout le monde. Composez un rap, une « toune » de rock ou un blues. Tirez le portrait des lieux où il y a eu des incidents violents. Racontez comment quelqu'un que vous connaissez a vécu la violence et ses conséquences inévitables. Ou avec des amis, imaginez une scène où vous auriez réussi à éviter des ennuis à l'école, et jouez-la aux autres.

Peu importe ce que vous choisissez de faire, montrez-le à quelqu'un d'autre, partagez vos expériences. Si vous écrivez une chanson, chantez-la avec vos amis devant la classe. Si vous faites une affiche, posez-la sur un mur, ou mieux encore, organisez un concours d'affiches et exposez-les toutes dans le corridor; faites un album-photos et faites-le circuler dans la classe. Montrez-le à vos parents et à vos voisins. Vous pourriez même le faire parvenir à une autre école de votre conseil scolaire ou de la province.

De partager vos poèmes, vos dessins, vos photos vous permettra d'en apprendre sur les autres. Le personnel et la direction peuvent vous aider à mettre sur pied un programme d'échange avec une autre école à l'extérieur de votre communauté. Découvrez si les mêmes problèmes se posent dans les autres écoles et comment chacune maîtrise la situation. Peut-être que leurs méthodes vous inspireront . . .

En fin de compte, retenez qu'il faut vous amuser en menant toutes ces activités et surtout, les faire au vu et au su de tous!


 
	 

ISBN 0-7778-3232-1
94-091
© Copyright 1994, Imprimeur de la Reine pour l'Ontario