Recherche en éducation

ALD – Apprendre à lire a deux

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CHRIS MATTATAL : ALD signifie Apprendre à lire à deux. C'est en fait un programme de tutorat assisté par les pairs conçu pour venir en aide aux élèves qui éprouvent des difficultés à apprendre ou à lire.

LESLY WADE-WOOLLEY : Les recherches portant sur ALD sont principalement menées aux États-Unis, où le programme est mis en œuvre par les enseignants dans leur salle de classe. Dans deux conseils scolaires de l'Ontario, dont celui de Thunder Bay, c'est le personnel enseignant de l'enfance en difficulté qui l'applique.

JOAN POWELL : Chaque semaine, le programme prévoit de quatre à cinq périodes de quarante minutes réparties sur cinq jours pour les enfants de la maternelle à la 3e année. Dirigés par des enseignants, les enfants y font des exercices de lecture bien ciblés, deux par deux

KATHY ZANNI : ALD est un programme bien structuré dont les manuels fournissent des consignes très précises, notamment sur la façon de s'exprimer pendant les leçons. On va même jusqu'à recommander l'usage d'un chronomètre pour minuter les activités des élèves.

Par exemple, les élèves disposent d'un nombre calculé de minutes pour lire un texte avec un partenaire et, ensuite, en raconter le contenu. Il est intéressant de voir à quel point la répétition des mêmes exercices jour après jour peut s'avérer déterminante. La majorité des élèves profitent grandement de cette approche en classe.

NARRATION 1 :

Le Thunder Bay Catholic District School Board souhaitait mettre en œuvre un programme appuyé par la recherche, et apte à prévenir les problèmes de littératie et à identifier les élèves « à risque ».

Des chercheurs de l'Université Queen's, à Kingston, souhaitaient appliquer les recommandations du rapport Éducation pour tous afin de renforcer les capacités des conseils scolaires et enrichir leurs pratiques d'enseignement. Un étudiant de 3e cycle s'est montré intéressé à mener une recherche empirique sur la collaboration entre enseignants.

Ensemble, ils ont élaboré un programme pour établir si ALD pouvait réellement accroître la littératie des élèves et développer les compétences des enseignants.

CHRIS : Le partenariat entre l'Université Queen's et le Thunder Bay Catholic District School Board comportait un avantage pour chacune des parties : le conseil scolaire pouvait compter sur l'appui de l'université pour mener à bien la mise en œuvre et la gestion du programme ALD dans ses écoles, et l'université pouvait profiter du travail accompli en milieu scolaire pour établir la crédibilité de son programme.

NARRATION 2 :

Tout partenariat comporte sa part de difficultés. Dans notre cas, l'éloignement géographique présentait un problème. C'est pourquoi notre étudiant au doctorat, Chris Mattatal, est allé s'établir à Thunder Bay pendant un an, pour se familiariser avec l'aspect pratique du travail en classe. Mais la phase initiale de notre partenariat a aussi donné lieu à d'autres problèmes.

KATHY : Il s'agissait là d'une situation bien particulière qui nous a obligés à tout réapprendre. N'oublions pas que nous avions pour mission d'implanter le programme de A à Z, ce qui peut s'avérer très intimidant.

CHRIS : J'ai vite compris que je devais être patient si je voulais rallier tout le monde. Je voulais montrer aux enseignants ce que la recherche peut accomplir à long terme, pas seulement à court terme. J'ajouterais que mes études universitaires et mes connaissances en recherche ne m'ont pas aidé à me tailler une place parmi ces gens.

J'ai dû gagner leur confiance et leur apporter quelque chose de tangible avant qu'ils en arrivent à dire « Ahhh, là tu parles. Ça commence à m'intéresser, je vais pouvoir mettre en pratique ce que tu me dis.»

CHRIS : En raison de leur horaire chargé, la plupart des enseignants n'ont pas le temps d'effectuer les recherches contextuelles démontrant l'efficacité de programmes, comme ALD ou de mesures d'évaluation fondées sur le curriculum. Mais à l'université, nous avons accès à tout un savoir ainsi qu'à une foule de données de recherches qui nous permettent de guider le conseil scolaire à la lumière des plus récentes découvertes.

LESLY : Des résultats de recherche indiquent que le programme ALD permet de réaliser des progrès importants chez tous les élèves, peu importe leur niveau d'habileté. C'est une formule gagnante.

NARRATION 3 :

Après seulement vingt leçons, les élèves de 1re année reconnaissaient mieux les mots.

Le projet est toujours en cours, mais les données préliminaires indiquent qu'ALD donne des résultats manifestes.

KATHY : Ce qui m'a le plus impressionnée du programme ALD, c'est l'ampleur des progrès accomplis par un grand nombre de ces élèves. J'adore voir leur visage s'illuminer lorsque je leur dis : « Tu vois, en septembre, tu n'arrivais à lire que 5 mots par minute, alors que maintenant tu es capable de lire 67 mots par minute ». Pour eux, c'est une grande victoire.

CHRIS : Les enseignants aiment le programme. Les enfants l'adorent : ils ont toujours hâte de participer à une nouvelle leçon. Les enseignants d'ALD m'ont rapporté que les titulaires de classe se mettaient au diapason. Déjà, on les entend dire « Rappelle-toi des règles d'ALD » ou encore « Rappelle-toi de ce que tu as appris avec ALD ». Je pense qu'une saine coopération s'est installée entre les enseignants d'ALD et les enseignants de l'enfance en difficulté.

LESLY : Je crois que nous apprendrons énormément de ce projet et que les leçons que nous en tirerons pourraient nous amener à redéfinir les pratiques d'enseignement.

NARRATION 4 :

La recherche concertée en éducation permet d'établir des ponts entre l'université et le milieu de l'enseignement.

Le projet ALD alimente également la réflexion sur les façons de prendre des décisions s'inspirant des avancées de la recherche en matière de pédagogie applicable en classe.

JOAN : J'ai réalisé que notre conseil scolaire avait tout avantage à travailler étroitement avec le milieu universitaire.

CHRIS : Les intervenants de ce conseil scolaire étaient particulièrement bien préparés. Ils ont fait leurs devoirs et se sont impliqués très tôt au lieu de tout faire rapidement sans se poser de questions. Ils ont même discuté avec des enseignants qui avaient adopté le même programme.

CHRIS : La surintendante de l'éducation de l'enfance en difficulté a appuyé le projet en lui affectant du personnel et des ressources financières. Et si le projet donne des résultats, c'est grâce ce genre de soutien.

JOAN : Le programme avait fait ses preuves; il avait très bien fonctionné ailleurs. Pour nous, la mise en œuvre de ce programme ne pouvait arriver à un meilleur moment. Nous avions tous les éléments pour réussir, et les résultats sont là pour le prouver.

LESLY : À mon avis, ce partenariat a connu du succès parce que la recherche a été en mesure de nous fournir le savoir dont nous avions besoin ici, à Thunder Bay.