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ECA-M – Enquête collaborative pour l'apprentissage des mathématiques

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CATHERINE BRUCE : ECA-M, qui signifie Enquête collaborative pour l'apprentissage des mathématiques, est une initiative du Secrétariat de la littératie et de la numératie qui amène des intervenants de conseils scolaires coïncidents et de divers paliers (enseignants, conseillers et surintendants) à élaborer conjointement des stratégies d'enseignement coopératif des mathématiques.

NARRATION 1 : Les partenaires d'ECA-M sont les suivants : l'Université Trent, l'Institut d'études pédagogiques de l'Ontario (IEPO), le Secrétariat de la littératie et de la numératie (SLN) du ministère de l'Éducation ainsi que 33 conseils scolaires de district de l'Ontario, soit 24 de langue anglaise et 9 de langue française.

CATHERINE : Le Secrétariat de la littératie et de la numératie voulait avoir une idée des résultats du projet. Il a donc engagé des chercheurs externes, en l'occurrence le M.John Ross et moi-même, qui devions établir, en collaboration avec le Secrétariat, l'efficacité du projet.

JOHN ROSS : Chaque groupe s'est acquitté d'une responsabilité particulière. Le ministère de l'Éducation a avancé les fonds et pourvu le contenu du programme. De leur côté, les conseils scolaires ont offert aux enseignants une formation en cours d'emploi. Enfin, les universités se sont occupées de l'évaluation des résultats.

JUDITH TAYLOR : Puisque nous devions apprendre sur le tas, il a fallu prévoir du temps pour nous rencontrer afin de nous entendre sur certaines notions.

Par exemple, le projet est axé sur l'enseignement coopératif, un concept dont nous avons débattu pendant les douze premiers mois, afin d'en dégager les éléments importants.

NARRATION 2 :

Le volet planification incite les enseignants à concevoir un plan à long terme et à prévoir des leçons préparatoires et enrichissantes mettant à profit l'aspect coopératif de l'enseignement coopératif à profit. Quant au rôle des coenseignants, il consiste essentiellement à observer et à constater les résultats à mesure que l'enseignant donne sa leçon. Plus tard, le coenseignant et l'enseignant discutent brièvement de ce qui a été accompli pendant la période précédente, ils proposent des améliorations, puis ils inversent les rôles à la leçon suivante.

SHARRON ROSEN : Le coenseignement a instauré un dynamisme nouveau au sein du personnel enseignant de John Wanless et a beaucoup influencé ma façon d'enseigner. Nous pouvons dorénavant voir ce que les autres enseignants font dans leur classe et discuter avec eux des concepts et de nos observations, ce qui donne lieu à une réelle collaboration.

SHARRON EN CLASSE : Voici donc le problème que vous devez résoudre : Jean a huit boîtes de crayons à colorier…

COREY BIRNBAUM : Cette approche m'oblige à être très analytique, voire critique, à l'égard de ma façon de travailler. J'imagine que c'est tout à fait indiqué dans la profession que j'exerce. J'estime que nous devons revoir constamment nos pratiques et, le cas échéant, apporter les correctifs nécessaires en fonction des besoins des élèves.

SHARRON : Les discussions et les réflexions que nous menons sur notre travail me donnent l'occasion de parfaire mes connaissances et de comprendre que les enseignants ont le droit de prendre des risques. Je trouve l'expérience très enrichissante.

CORY : Dans un monde idéal, toutes les classes pourraient bénéficier de la présence à la fois d'un enseignant et d'un coenseignant, mais cette option obligerait l'école à engager deux fois plus de personnel, ce dont on n'a pas les moyens.

RICHARD STEIN : Pour permettre à des enseignants et coenseignants de se retrouver dans une même classe, nous avons dû bousculer nos habitudes et faire preuve de créativité. Mais nous avons réussi.

Pour être en mesure de bien s'adapter, les enseignants devaient d'abord comprendre le programme et y participer sans réserve. Je suis convaincu qu'ici, tous les enseignants se sont engagés, ce qui explique nos bons résultats.

NARRATION 3 :
Le projet d'ECA-M a entraîné un décloisonnement de la pratique de l'enseignement et donné naissance à une culture de collaboration.

Les enseignants ont remarqué :

— une amélioration de leur pratique d'enseignement;

— une aptitude accrue à stimuler les élèves;

— une plus grande confiance en leurs stratégies d'enseignement.

Du côté des élèves, on note :

— une augmentation de la motivation des élèves envers les mathématiques;

— de meilleurs résultats au post-test qu'au prétest, et ce, dans la plupart des districts.

CATHERINE : Une foule de nouvelles possibilités s'offrent à ceux qui prennent le temps d'établir une relation de confiance. S'il est un conseil que je donnerais aux organismes, aux groupes d'enseignants, aux éducateurs et aux chercheurs qui tenteront d'instaurer cette relation de confiance, c'est de s'accorder suffisamment de temps et de ne jamais abandonner.

RICHARD : La collaboration constitue un atout majeur, car elle incite les enseignants à adopter une vision plus objective de leur pratique et de leur tâche, et à miser sur une approche rationnelle leur permettant de perfectionner leur méthode d'enseignement. Ultimement, c'est le rendement des élèves qui s'en trouve amélioré.

JUDITH : Les enseignants sont toujours à l'affût de pratiques efficaces et applicables en classes qui pourront aider les élèves à atteindre les objectifs. Dans cette optique d'approfondissement de la pédagogie, l'apport des chercheurs s'avère des plus utiles.

JOHN : Nous savons que les enseignants sûrs de leur méthode d'enseignement ont tendance à fixer, tant pour eux-mêmes que pour leurs élèves, des objectifs élevés qu'ils ont ensuite la ferme intention d'atteindre dans le but d'optimiser le rendement de leurs élèves.

SHARRON : Lorsqu'ils invitent leurs collègues dans leur salle de classe, les enseignants, soient-ils vétérans ou nouveaux, ont l'occasion de montrer comment ils appliquent les techniques apprises et de discuter de ce qu'ils souhaitent apprendre.

CORY : L'expérience s'est avérée très positive, particulièrement pour mes élèves, qui aiment la présence d'un coenseignant.

Je crois qu'ils profitent vraiment de cette approche, qui les incite à la communication, au travail d'équipe et à la collaboration, des notions que nous, les enseignants, souhaitons leur inculquer.

JUDITH : Nous travaillons tous de façon à stimuler la curiosité intellectuelle, une qualité que nous avons pu développer grâce à l'apport de M.Ross et de M. Bruce, qui nous ont amenés à évaluer notre travail à la lumière de connaissances issues de la recherche. L'influence réciproque de la recherche et de la pratique a donné de bons résultats en salle de classe.