Rencontre des directrices et directeurs des conseils scolaires de district avec la ministre de l'Éducation et, à l'occasion, mot d'accueil du premier ministre

Mme Avis Glaze, directrice générale du rendement des élèves de l'Ontario

Le 14 décembre 2006

Étant donné que j'ai été directeur de l'éducation et surintendant en Ontario pendant quelque 22 années, j'ai eu le plaisir de travailler avec des conseils d'administration remarquables et plusieurs présidentes et présidents exceptionnels. Pendant toutes ces années, nous avons beaucoup parlé du rôle du conseiller scolaire. À l'époque où j'étais surintendant, nous entendions souvent que les conseillères et conseillers scolaires étaient les gardiens des deniers publics. Je sais que depuis quelques années, bon nombre d'entre vous considèrent que vous exercez bel et bien un rôle de gardien, mais il ne s'agit pas seulement des deniers publics, ou s'il s'agit toujours de garder les deniers publics, à quelle fin? Le rôle du conseiller scolaire en tant que directeur en chef de l'éducation, c'est-à-dire une personne qui met en place les conditions propices à l'apprentissage est, je pense, primordial.

Je vous demande à tous d'imaginer un avenir où les gens parlent de manière neutre de la façon dont les taux de décrochage scolaire et les écarts de résultats diminuent inexorablement. Où des nombres d'élèves record entrent au collège et où les professeurs remarquent à quel point l'intellect de ces jeunes évolue d'année en année. Imaginez l'espoir irrépressible et palpable émergeant surtout dans les écoles pauvres, en milieu rural ou urbain. Toutes ces améliorations découlent d'une nouvelle candeur qui, je crois, a fait son apparition dans le milieu de l'éducation et d'une volonté de constater que, selon notre expérience, les améliorations ne sont pas seulement amenées par des réformes, mais par quelque chose de plus simple : il s'agit d'examiner honnêtement la culture prédominante et les pratiques de nos écoles publiques, de nos écoles financées par les fonds publics, et d'amorcer un virage radical qui met clairement l'accent sur l'instruction. Qui met l'accent sur ce qui se passe en classe. Vous avez réalisé des progrès importants en ce qui a trait à l'amélioration des résultats des élèves au cours des dernières années, et ceci est vrai au palier élémentaire comme au palier secondaire. Nous vous en remercions vivement. Toute la question de hausser la barre et de combler les écarts continue à nous tenir à cœur. Nous avons constaté des progrès dans les résultats obtenus par les élèves de 3e année en lecture, en écriture et en maths de même que chez les élèves de 6e année. Nous avons noté un réduction du nombre d'écoles affichant de faibles résultats : il est passé de 19 % il y a trois (3) ans à 5 %. De plus en plus d'écoles parviennent à 75 %, bien qu'il ne s'agisse que d'un objectif donné. À une certaine époque, mesdames et messieurs, on me disait « Avis, ce n'est pas faisable ». Ce que j'entends davantage maintenant, c'est « on peut faire mieux que ça! ».

Passons rapidement aux questions. Vous remarquerez qu'il y a trois (3) questions à débattre. J'aimerais que chaque table en choisisse une (1). Nous vous demanderons ensuite d'utiliser les microphones pour partager vos points de vue. Pas nécessairement pour poser des questions, mais simplement pour exprimer votre opinion et vos commentaires en général.

Intervenante : Notre conseil connaît une croissance importante; comme vous le savez, environ 50 % de notre croissance est attribuable à des enfants pour lesquels l'anglais n'est pas la première langue parlée à la maison. Nous avons d'abord pensé que le problème venait peut-être de là, mais en fait, à l'échelle de tout le conseil, de nombreuses écoles ayant un pourcentage élevé d'élèves en anglais langue seconde obtenaient de très bons résultats. Nous avons donc déployé du personnel qui s'est rendu dans les écoles afin de recueillir des pratiques exemplaires, qui ont ensuite permis de créer des documents de travail et des projets pour les élèves, de les présenter au personnel enseignant et de les intégrer dans le système. Cette année, les résultats aux tests de l'OQRE ont affiché une hausse de 8 % en moyenne. Nous savons donc que nous sommes sur la bonne voie et nous allons continuer sur notre lancée. Nous savons que tous les parents souhaitent la réussite de leurs enfants et qu'ils sont prêts à les soutenir, là n'est pas le problème. Cela se résume en fait à la quantité d'argent dont dispose la famille et à sa capacité de présenter aux enfants toutes les différentes facettes de la société.

Avis : Je vais répondre très brièvement à toute la question des facteurs socio-économiques, mesdames et messieurs. S'il est vrai que dans toute la documentation sur l'éducation, on établit un lien étroit entre la classe sociale des parents et les résultats scolaires, nous pouvons vous montrer des écoles et des conseils qui sont en train de relever les défis auxquels sont confrontés certains élèves, de par leur classe sociale. Nous pouvons également vous montrer au sein même de votre conseil que certaines écoles obtiennent de bons résultats et d'autres non, tout en étant placées dans les mêmes circonstances. En d'autres termes, la classe sociale n'est pas une excuse, car on peut réussir même si l'on vient d'un milieu pauvre.

Intervenant : Je voulais d'abord dire que, dans le domaine de l'éducation en langue française, nous avons souvent, et surtout j'ai souvent, en tant que président d'un conseil scolaire… au départ, notre administration déclarait : « la principale raison pour laquelle nous obtenons de faibles résultats, c'est peut-être parce que les enfants qui arrivent dans nos écoles ne parlent pas bien le français et par conséquent, nous ne pouvons pas obtenir les progrès souhaités » ou parce que les parents ne parlent pas le français à la maison. On aboutit ainsi à une véritable philosophie basée essentiellement sur des excuses. Il ne s'agit pas de contester que ce sont de vrais problèmes, mais… (fin abrupte du segment)