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Réussite des élèves/Apprentissage jusqu'à l'âge de 18 ans


Guillaume – Le marché du travail

« Les compétences que nous visons à l'école ont été développées il y a 3 ou 4 ans dans notre mission. On a développé une mission pratique, c'est-à-dire avec des valeurs et des compétences applicables autant pour les élèves qui se dirigent vers le marché postsecondaire que ceux du marché du travail. »

« Les cours à l'échelon local permettent aux élèves d'obtenir des crédits qui, auparavant, ne leur étaient pas accessibles. Pour certains, ça leur permet aussi de s'accrocher, de travailler, d'avoir un but et de rester dans le système scolaire plus longtemps. »

« Que ce soit un problème au niveau de la discipline, que ce soit un problème au niveau académique, il y a quelque chose mise en place pour les aider à réussir. »

« Le programme de judo s'inscrit dans le cadre de la Stratégie pour la réussite de l'élève. Judo Canada a mis sur pied un programme de judo adapté au milieu scolaire. Donc, Nathalie Gosselin, m'a approché et, grâce à l'ouverture d'esprit de la directrice qui était ici à ce moment-là, Suzanne Séguin, puis celle d'Alain Martel, le présent directeur, qui ont su voir le potentiel du programme de judo, celui-ci est désormais offert. »

« Dans les cours à l'échelon local, on offre un cours qui est plus axé sur les adaptations des élèves avec un rythme moins vite, plus personnalisé. Ainsi, on peut mieux évaluer Guillaume selon ses adaptations, ses habiletés. »

« Lorsque Guillaume est arrivé en 9e année, c'était un élève identifié avec des retards académiques. »

« Au tout début, quand il a commencé son école ici, il avait peut-être un manque de confiance en lui, comme d'autres élèves de 9e année par ailleurs. »

« Guillaume est un jeune homme avec beaucoup d'énergie, beaucoup d'entrain. Il est aussi un comédien. Il prend quand même assez de place dans un groupe. »

« C'était un élève perturbateur qui avait un certain trouble de comportement. C'était très difficile de rester en classe sans bouger. »

« Guillaume avait beaucoup de difficulté à se lever pour aller à l'école. »

« Pour Guillaume, l'école était un endroit où le temps paraissait interminable. On a essayé de rendre les cours plus manuels, plus intéressants et Guillaume a su trouver sa place dans l'itinéraire que nous offrons et, plus particulièrement, dans le cours de judo. »

« Avant je n'étais pas bien motivé à aller à l'école. Je n'avais aucun intérêt. Avec mes cours de mécanique, de judo et de gymnase, je bouge plus et ça me permet de me défouler et de rester actif. Je peux ensuite retourner en classe et écouter.

Avant de commencer le judo, je ne mangeais pas le matin, je me levais et me couchais tard. À l'école, quand j'arrivais à mes cours, je voulais seulement me coucher sur mon cartable, sans même ouvrir mon livre. »

« Trois semaines après avoir commencé le cours de judo, Guillaume se levait par lui-même et il prenait le temps de déjeuner. Je me suis dit : “Wow! Il y a quelque chose qui se passe.” »

« Il y a des changements que j'ai vu chez Guillaume. Il y a plusieurs choses… à commencer par sa motivation. Il était devenu un gars motivé. Il était enthousiaste à venir au cours et ouvert à l'idée de pratiquer un art martial. La première chose qui l'a marqué, c'est le judogi. Quand il l'a porté pour la première fois, son visage s'est illuminé. Quand tu portes un judogi, c'est un peu comme porter une armure. C'est solide. Tu te sens comme un guerrier. »

« Je pense que le cours de judo aura permis à Guillaume de retrouver une estime de lui-même. Quand on n'a pas de bons résultats au niveau académique, l'estime de soi diminue plus rapidement. Guillaume a le sens du leadership et le judo lui a permis de découvrir un peu plus ce sens-là. »

« Le cours de judo lui a donné plus de confiance, non seulement au niveau académique mais aussi dans son plan de cheminement de carrière. Je pense que c'est une des clés de son succès scolaire. »

« On met l'accent sur les valeurs du judo, c'est-à-dire le respect, la discipline, l'estime de soi et la coopération. Je pense que ce sont des ingrédients qui font en sorte qu'un jeune va réussir à l'école. On a appris des techniques en position debout. Il apprend maintenant à projeter et à se déplacer. Au fur et à mesure que le cours avance, son intérêt ne fait qu'augmenter. »

« Faire du judo c'est un peu comme accomplir une routine. J'ai le cours à tous les jours. Le matin, je me lève toujours à la même heure, je ne laisse pas sonner le réveille-matin. Tout se passe bien. Par exemple, je suis porté à faire ma chambre. Je suis plus responsable. »

« Ils étaient tout un groupe qui suivait le judo. Ce groupe-là se suivait partout, toute la journée. Alors, si un membre était tenté de baisser les bras, c'est certain qu'il avait au moins l'appui du reste du groupe. »

« Les élèves de judo savent qu'ils peuvent obtenir leur ceinture jaune avant la fin de l'année. Ça devient une motivation supplémentaire pour l'obtenir. Pour cela, c'est bien beau de suivre un code d'honneur, mais il faut aussi qu'ils appliquent ces valeurs dans leurs cours. »

« Pour obtenir sa ceinture jaune en judo, Guillaume devait respecter un certain code d'honneur en judo. On pouvait l'évaluer sur la base de son comportement, de sa réussite au cours de français. On l'a tenu motivé comme ça jusqu'à la fin de l'année, parce qu'il voulait vraiment avoir sa ceinture jaune. »

« Quand j'allais aux rencontres entre les parents et les éducateurs, j'étais toujours surprise de voir qu'ils avaient des bons commentaires à l'égard de Guillaume, parce que ce n'était jamais le cas dans les années précédentes. »

« Il s'est rendu compte qu'il avait des habiletés qu'il ne pensait pas posséder. Le fait qu'il soit devenu le leader, je pense que cela l'a encore plus motivé. La deuxième chose que j'ai constaté c'est son estime de soi. Quand on pratique des techniques aussi complexes que celles-là, le fait d'être capable de projeter un adversaire qui est quasiment le double de son propre poids, c'est impressionnant. À force de projeter comme ça et de connaître des succès à chaque jour, il a réalisé assez vite qu'il était bon au judo. »

« Mon rêve c'est d'avoir un garage, entretenir des autos ou encore de travailler pour un concessionnaire Cadillac. Je suis en train de suivre des cours à l'école de mécanique automobile. Quand je vois un moteur… je trippe! »

« Guillaume a été tenace avec moi. Il m'a toujours démontré qu'il était différent dans sa façon d'apprendre, dans sa façon de faire. Puis, j'ai accepté ça et je l'ai toujours encouragé. Donc, les enfants doivent peut-être communiquer davantage avec leurs parents. »

« Ma mère m'a beaucoup soutenu pendant que j'apprenais le judo. Elle était pas mal pour ça parce qu'elle trouvait que j'étais beaucoup plus responsable, que j'avais moins le goût de faire des petits coups. Mon professeur m'encourageait aussi à continuer à faire du judo. »

« Nous sommes chanceux d'avoir Monsieur Houle en judo. C'est quelqu'un qui excelle dans ce qu'il pratique. C'est à nous de trouver dans notre école, cette personne-là qui trouvera quelque chose de spécial pour accrocher nos jeunes. »

« Je pense que l'important c'est d'écouter le jeune. C'est de l'écouter exprimer ses rêves parce que notre but c'est non seulement de le conduire à l'obtention du diplôme, mais aussi de faire en sorte qu'il devienne un citoyen responsable. Dans le cas de Guillaume, c'est un peu ce qui s'est produit. C'est un beau défi. »

« Bien sûr, l'aspect académique c'est important mais il importe aussi de reconnaître que des matières plus manuelles, plus physiques peuvent rendre l'école plus facile pour des élèves de ce type-là. »

« La personne qui est devant ces jeunes-là fait toute une différence. On doit être ferme tout en ayant un bon sens de l'humour. On doit faire passer la matière sans tout de même les écœurer. Quand on voit que la matière ne passe plus, il faut passer à autre chose… »

« Il faut tout mettre en place pour essayer de les accrocher, mettre en place des choses qui leur collent à la peau, qui leur donnent le goût d'être à l'école, de se lever le matin pour venir à l'école. »

« La clé du succès est certainement le travail d'équipe. »

« Si on vise la réussite et l'engagement de l'élève, on ne peut pas manquer son coup. Il faut simplement oser et innover. »

« Mon école idéale serait un endroit où il y a beaucoup de cours physiques, manuels. Un endroit où, par exemple, on s'adonne aux matières académiques en avant-midi et où les activités sportives, la mécanique et autres matières plus passionnantes ont cours durant l'après-midi.

Aux décrocheurs, je suggère d'essayer le judo parce qu'on ne peut pas dire qu'un cours est ennuyant si on ne l'a jamais essayé. Peut-être qu'ils y découvriront une passion et qu'ils choisiront de continuer dans cette veine… parce que c'est très intéressant, sans compter que c'est offert gratuitement par l'école. »