InspireSteven Katz : Mobiliser des leaders informels dans toutes les écoles par Roderick Benns Selon Steven Katz, spécialiste de la cognition et de l'apprentissage, une excellente stratégie pour assurer la réussite générale des élèves est de mobiliser des leaders informels dans toutes les écoles, et même dans tout le système scolaire. Les leaders officiels ne peuvent pas tout faire, a récemment déclaré à Toronto M. Katz devant un auditoire composé de centaines de directions d'écoles, d'agents de supervision et d'enseignants. La journée, organisée sous l'égide du Secrétariat de la littératie et de la numératie, avait pour thème principal Développer des réseaux pour l'apprentissage. Si une école compte des leaders informels dans certains domaines, comme le rattrapage en lecture, il faut alors les mobiliser pour le bien de l'école. Selon ce spécialiste de la cognition et de l'apprentissage, le dynamisme des communautés d'apprentissage est fort lorsque l'accroissement des capacités passe d'un mode vertical à un mode latéral, c'est-à-dire lorsque les membres du personnel enseignant apprennent les uns des autres, les uns avec les autres et, enfin, au nom des uns et des autres. À ce moment-là, il ne s'agit plus seulement de « mes élèves dans ma classe », mais d'une responsabilité assumée par toute l'école et la collectivité. Les écoles travaillent alors au nom des uns et des autres. Afin d'en arriver là, M. Katz souligne que des périodes d'apprentissage sont nécessaires aux enseignants. Quelquefois, les enseignants ne comprennent pas que pour que l'apprentissage des élèves soit fructueux, eux-mêmes doivent aussi choisir d'entreprendre le périple de l'apprentissage. M. Katz est aujourd'hui fermement convaincu que l'Ontario comprend beaucoup mieux que les c ommunautés d'apprentissage professionnelles sont essentielles pour permettre aux membres du personnel enseignant d'établir des liens entre eux et de concevoir leur propre apprentissage dans le cadre d'initiatives communes avec leurs collègues. Une enseignante ou un enseignant ne se lève pas un beau matin en décidant de changer sa façon d'enseigner. Il ou elle s'acquitte déjà probablement de son travail du mieux possible. C'est la raison pour laquelle, souligne M. Katz, l'apprentissage des enseignants se fait par procuration à travers l'apprentissage des élèves. Si des communautés d'apprentissage efficaces sont essentielles à la réussite des élèves, de grands réseaux ne peuvent faire aucuns faux pas. C'est en renforçant les écoles, non pas en les contournant pour atteindre la grande collectivité, que les réseaux peuvent bien fonctionner, souligne M. Katz. Il est impossible de réussir en faisant ce genre de faux pas. Lorsque des communautés d'apprentissage professionnelles se retrouvent, il est important qu'elles aient en face d'elles les travaux des élèves. Selon M. Katz, c'est la meilleure façon pour le personnel enseignant de déclencher un dialogue sérieux et animé. Toutefois, M. Katz souligne que cela ne revient pas à dire que les communautés d'apprentissage sont exonérées de certaines questions brûlantes. Ainsi, il est primordial de maintenir le « contrôle de la qualité » du groupe, car une communauté d'apprentissage qui fait fausse route peut tout simplement diffuser de mauvais renseignements. Les autres préoccupations qu'il soulève sont la tendance à se laisser aller à une « pensée unique » et la « diffusion de la responsabilité », ou ce que M. Katz appelle aussi la « paresse sociale ». Le risque, c'est que tout le monde soit d'accord, car il est plus aisé de parler de choses sur lesquelles on s'entend, dit-il. Un autre risque est que tous les membres du groupe, simplement en raison de leur grand nombre, partent du principe que quelqu'un d'autre est responsable de quelque chose. M. Katz fait remarquer qu'une autre inquiétude est la « désindividualisation », soit la perte temporaire de l'identité personnelle en raison de la participation à un groupe. Il existe, néanmoins, quatre contre-mesures à ces préoccupations qui permettent aux communautés d'apprentissage de réussir. M. Katz affirme que ces quatre domaines, soit la diversité des opinions, l'indépendance, la décentralisation et le regroupement, peuvent tous contribuer à la solidité des communautés d'apprentissage. Selon lui, le regroupement d'un groupe hétéroclite d'enseignants et son habilitation est une stratégie gagnante qui aide les communautés à devenir vraiment des organismes d'apprentissage professionnels. En outre, le résultat a alors un intérêt immédiat pour les élèves. M. Katz, qui a un bagage en développement humain et en psychologie appliquée, signale que le personnel enseignant et les directions d'école doivent s'autoriser à ne pas savoir certaines choses en ce qui concerne l'enseignement de qualité. C'est la seule façon de créer les conditions voulues pour apprendre. Si le changement n'est pas malaisé, on n'a alors effectué aucun changement, explique-t-il. Selon M. Katz, c'est souvent au moment d'effectuer le suivi des initiatives qui sont mises en œuvre dans la salle de classe que les choses se gâtent. Nous nous déconcentrons souvent à l'étape de la mise en œuvre. Nous devons améliorer le processus de suivi de nos initiatives afin d'assurer leur bon fonctionnement. Il ajoute que les leçons tirées d'une initiative ratée sont de meilleurs paramètres de prévision et qu'il vaut mieux s'en servir que de n'effectuer aucun suivi. En cas d'échec, vous savez au moins que vous avez échoué, dit-il. M. Katz explique qu'on sait depuis longtemps que l'enseignement en classe est le principal paramètre de prévision du succès, le leadership de la direction venant au second rang. Nous exerçons un contrôle sur ces deux éléments, a-t-il rappelé à l'auditoire. C'est la bonne nouvelle dont il faut nous souvenir. Steven Katz est directeur de la société de recherche et d'évaluation Aporia Consulting Ltd. et membre permanent de la faculté de l'Institut d'études pédagogiques de l'Ontario de l'Université de Toronto, dans le domaine du développement humain et de la psychologie appliquée. Il a un doctorat en développement humain et en psychologie appliquée, ainsi qu'une spécialisation en science cognitive appliquée. Ses domaines de spécialisation incluent la cognition et l'apprentissage, la formation des enseignants et la conception de systèmes guidés par les données à l'appui de la responsabilité, de la planification et de l'amélioration d'organismes. Il a reçu une médaille d'excellence dans son domaine du gouverneur général et a œuvré dans des domaines de recherches et d'évaluation, de perfectionnement professionnel, ainsi qu'à titre de conseiller auprès de nombreux organismes éducatifs à l'échelle mondiale. |
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