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Un des principaux traits de la culture asiatique est de faire confiance au personnel enseignant et au système d'éducation : Panel

par Roderick Benns
Rédacteur en chef

Selon les membres d'un panel qui ont présenté un aperçu des défis auxquels les élèves asiatiques sont confrontés, de nombreux parents asiatiques font tellement confiance au personnel enseignant et au système d'éducation, qu'on pense qu’ils ne sont pas intéressés.

L'exposé a été présenté par le Secrétariat dans le cadre d'une série de dîners-causerie mensuels. Cette série de dîners-causerie a été conçue pour favoriser le dialogue entre les employé(e)s du ministère à propos de l'équité des résultats pour tous les élèves, un des éléments clé du Secrétariat. Les membres de l'auditoire ont été invités à apporter leur dîner et à participer à la discussion, qui ce mois-ci présentait un aperçu des défis auxquels les élèves asiatiques sont confrontés.

Le panel, composé de Zubeda Vahed, Merrill Mathews, Rebecca Tam et Jacqueline Goh, a parlé pendant 90 minutes des besoins variés des élèves asiatiques, ainsi que de certaines des stratégies que le personnel enseignant et les parents peuvent utiliser.

Madame Goh a précisé que le stéréotype des parents asiatiques non impliqués est faux en ce qui concerne leur attitude. Ces parents ont tendance à laisser leurs enfants fonctionner sous l'autorité de l'école et du système, puisqu'ils leur font entièrement confiance, et qu'ils ne veulent pas « s'interposer ».

Madame Tam a approuvé. « Les parents asiatiques ont tendance à faire confiance au personnel enseignant et au système – ils partent du principe que les écoles savent ce qu'elles font. Très souvent, nous entendons les enseignantes et enseignants se plaindre que les parents ne s'impliquent pas, mais cela montre que le personnel enseignant ne connaissent pas la culture asiatique », a précisé madame Tam.

Madame Goh a fait remarqué que certains des stéréotypes attribués aux élèves asiatiques comprend souvent ce qui suit :

  • ils travaillent fort
  • ils sont hautement motivés
  • ils sont soumis

Elle dit que le stéréotype de soumission est dû au sens de respect profondément ancré chez les enfants asiatiques vis-à-vis des aînés. Madame Goh fait remarquer que l'étiquette de personne qui travaille fort, qu'on donne uniformément aux élèves de descendance asiatique, est une réalité qui pouvait plutôt s'appliquer à leurs parents, qui, dans de nombreux cas, étaient des Canadiens de première génération et qui devaient travailler extrêmement fort pour réussir dans leur nouveau pays. L'aspect de la motivation est là, précise madame Goh, alors que les générations plus récentes de Canadiens d'origine asiatique essaient d'être à la hauteur de l'éthique de travail assidu de leurs parents.

Madame Tam dit que les élèves d'origine asiatique sont confrontés à beaucoup de discrimination, même s'ils sont nés ici. Elle précise que quelqu'un qui est russe peut apprendre la langue et être assimilé assez facilement dans la culture canadienne. Mais pour ce qui est des élèves d'origine asiatique, ils sont « étiquetés pour toujours » et souvent taquinés.

« Des problèmes de discrimination, de crise d'identité, d'intimidation, de confiance en soi, sont tous vécus par les élèves d'origine asiatique  », dit madame Tam.

Madame Vahed a passé du temps à discuter des problèmes liés à la foi des élèves d'origine sud-asiatique, et a précisé qu'elle ne croyait pas au conformisme idéologique, mais plutôt à la dignité des croyances de tous les élèves du point de vue de la foi.

« Le rôle de l'enseignante ou l’enseignant est alors très important », fait remarquer madame Vahed. « Les Canadiens célèbrent de nombreuses fêtes. Il existe toujours un équilibre entre l'inclusion et le respect des croyances », mais elle a précisé qu'il n'y avait aucune raison d'ignorer les discussions sur la foi.

Madame Vahed a présenté une affiche bien intentionnée -- la Terre entourée des différentes religions du monde, pour essayer d'inclure tout le monde. Cependant, sur l'image de la Terre on pouvait lire les mots La règle d'or (fondés sur la bible) et l'agnosticisme et l'athéisme n'étaient pas mentionnés.

Monsieur Matthews a souligné que les différences de culture doivent être observées de près, aussi bien par le personnel enseignant que par les parents. Il a précisé que toute personne participant à l'éducation des enfants doit répondre aux besoins « biculturels ».

Il a aussi dit que l'impact sur les élèves peut se traduire par « de la difficulté à s'ajuster ou à créer un sens d'appartenance ».

De même, les familles peuvent vivre un choc culturel lorsque leurs enfants d'origine sud-asiatique rentrent à la maison et demandent la permission de participer à des évènements ou à un voyage, alors que les parents ne savent pas de quoi il s'agit, et qu'il peut y avoir une question d'ordre financier, précise monsieur Matthews.

Monsieur Matthews a dit qu'il pensait que l'éducation en Ontario évoluait dans la bonne direction, alors que la diversité est maintenant considérée comme une véritable force.

« En tant que parent je sais que mes enfants sont fiers de leur culture et qu'ils veulent en apprendre davantage à propos de leur patrimoine, et l'école peut jouer un rôle important. »