Rapport de la Commission royale sur
l'éducation
Une version abrégée
Certains éléments graphiques (photographies,
diagrammes à secteurs, etc.) ont été omis de la version
électronique de ce rapport. La copie papier en constitue la seule
version officielle.  |
Table des matières
Chères lectrices, chers
lecteurs,
Les écoles de l'Ontario ont certes accompli un bon
travail au cours des cent cinquante dernières années. Des
améliorations s'imposent toutefois si on veut qu'elles répondent
à tout ce qu'on attend d'elles. Nous avons la conviction que la
très grande majorité de nos élèves sont en mesure
de mener à terme leur scolarité et d'acquérir le savoir,
la créativité, l'imagination et les facultés de
réflexion et de raisonnement qui sont le propre de la maturité.
Sans vouloir prétendre qu'il s'agit là d'une prescription facile,
nous estimons savoir quelles voies emprunter pour y arriver. Au terme d'une
vingtaine de mois de lecture, d'écoute, de délibération et
de réflexion sur les qualités dont doit se doter notre
système d'éducation pour servir au mieux les
intérêts de la société et des enfants, nous en
sommes arrivés à un certain nombre de conclusions susceptibles de
donner espoir aux gens qui craignent que nos écoles ne soient pas en
mesure de composer avec un avenir si incertain.
Qu'il nous ait fallu des centaines de pages pour exposer nos
arguments, nous en sommes à vrai dire les premiers surpris. Mais, devant
la controverse dont font l'objet à peu près tous les aspects du
système scolaire, et devant les attitudes méfiantes et sceptiques
répandues dans le milieu, nous avons jugé essentiel
d'énoncer notre pensée avec force cohésion et
détails, de sorte qu'il soit possible à quiconque le souhaite
d'en suivre pas à pas le cheminement. Il nous est apparu important, par
exemple, de bien expliciter nos vues sur les circonstances devant favoriser
l'acquisition féconde du savoir et de cerner les éléments
d'un bon enseignement. Car il nous est vite devenu évident que,
l'apprenante et l'enseignante -- l'apprenant et l'enseignant --
constituant ici nos deux acteurs clés, toutes les questions
abordées en cours de route les touchent nécessairement de
près. De cette analyse approfondie découlent bon nombre de nos
prises de position.
Toute notre conception de la salle de classe idéale se
retrouve dans le volume II intitulé « Apprendre -- Notre
vision de l'école ». Puisque l'acquisition du savoir est
effectivement le projet d'une vie, nous y décrivons le système
tel qu'à notre avis il devrait être, depuis la naissance et
jusqu'au passage de l'école secondaire à l'étape suivante,
quelle qu'elle soit. Qu'il s'agisse d'un scénario plutôt
idéaliste, nous en sommes bien conscients : notre parti pris est en
effet délibéré. Convaincus que le processus scolaire
pourrait être, en théorie du moins, aussi motivant et enrichissant
que nous le voyons, nous avons voulu justement viser haut afin de proposer des
cibles dont la société puisse être fière.
Notre rapport comprend aussi une section intitulée
« Les éducateurs, les éducatrices », qui
traite en long et en large de la formation et du perfectionnement des
enseignantes et des enseignants. Nous y faisons valoir à
satiété que l'amélioration du système est
totalement subordonnée à leur coopération
enthousiaste -- une évidence à laquelle sont
demeurées délibérément aveugles bon nombre de
tentatives de réforme -- et qu'il est vain de s'attendre à
ce qu'ils puissent remplir la multitude de fonctions qu'on leur confie, sans
une préparation adéquate.
Bien que les écoles ontariennes aient remarquablement
bien réussi auprès d'une jeunesse provenant de milieux
très différents, elles ont encore du chemin à faire.
Malgré tous les efforts, nombreux sont les cas d'élèves
qui ne tirent pas leur juste part du système. Encore aujourd'hui, il
demeure évident que ceux et celles qui sont issus des milieux
socio-économiques favorisés en bénéficient le plus.
Comme en témoigne le commentaire d'une intervenante, le meilleur gage de
succès demeure la situation financière des parents. Par ailleurs,
les filles ont encore à affronter des obstacles inconnus des
garçons. Nous avons appris que les élèves de race noire et
ceux de souche portugaise ou hispanique ne parviennent qu'au prix
d'énormes difficultés à tirer le meilleur parti du
régime scolaire. Il est indéniable aussi que les petites
localités et les régions rurales et éloignées ne
reçoivent pas la part qui leur revient des fonds consacrés
à l'éducation. Enfin, les engagements constitutionnels à
l'égard des catholiques, des franco-ontariens et ontariennes et des
autochtones ne se sont pas encore pleinement matérialisés.
Nous nous trouvons ainsi devant cette situation, inacceptable,
où pour des raisons totalement indépendantes de leur
volonté et de leur mérite, certains élèves de
l'Ontario ne bénéficient pas autant que les autres des avantages
du système scolaire. Puisque réussite scolaire est souvent
synonyme de meilleures perspectives d'emploi, de salaire élevé et
de bonne situation sociale, nous avons, tout au long de notre rapport, et
particulièrement dans la partie traitant de l'équité, fait
des recommandations axées sur l'importance d'assurer à chaque
enfant de la province des chances égales de profiter du système
éducatif. L'objectif : rien de moins qu'offrir à tous nos
enfants, sans exception, une scolarisation de qualité.
Tout cela a abouti bien sûr à un texte volumineux
que tous n'auront pas le temps de lire en entier, et certes pas d'un trait. Il
ne serait même pas surprenant que les membres de nos propres familles ne
le lisent pas du début à la fin. C'est pourquoi nous avons cru
bon, afin d'en simplifier la consultation, de présenter tout au long du
texte des résumés de nos principales réflexions et
recommandations. Quant au présent document, il ne faut pas y chercher la
synthèse systématique de l'ensemble de nos travaux mais bien
davantage notre tentative de vous faire part de l'atmosphère du rapport,
des lignes de force de notre pensée, et des moyens à
développer en tant que société pour nous façonner
un système d'apprentissage radicalement différent. Il se peut
qu'à la lecture de ce document, certaines personnes aient envie de
consulter l'étude complète et d'approfondir les questions qui les
intéressent tout particulièrement. Nous tenons bien sûr
pour acquis qu'au moins les éducatrices et éducateurs, les
enseignantes et enseignants, les membres des conseils scolaires et les autres
personnes intéressées en feront la lecture intégrale. Mais
ce que nous souhaitons par-dessus tout, c'est que vous -- vous les
élèves, vous les parents -- ayez à coeur de
découvrir les rôles respectifs que nous voudrions vous voir
confier dans les écoles de l'avenir. Sachez d'emblée que si le
genre de système que nous préconisons se concrétise, vous
y occuperez une place plus large qu'aujourd'hui.
ISBN 0-7778-3580-0
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