Commission royale sur l'éducation

La redevabilité

Comment la population peut-elle savoir si le système d'éducation public s'acquitte bien de sa tâche et dépense judicieusement les fonds qui lui sont alloués? Qui doit être tenu responsable si ce n'est pas le cas? Voilà des questions brûlantes d'actualité pour de nombreux citoyens et citoyennes, et parfaitement légitimes à nos yeux. La population a le droit de savoir si le système fonctionne dans les meilleures conditions d'efficacité, de rendement et d'équité.

Mais, comme tant d'autres choses, ce n'est pas aussi simple qu'on peut le penser. Il existe un grand nombre d'indices pour mesurer le succès et la qualité de l'éducation, qui vont bien au delà, comme nous l'avons vu, des notes qu'un enfant obtient dans un test ou un bulletin en particulier. Qui plus est, les indices d'efficacité, de rendement et d'équité sont eux-mêmes très différents les uns des autres, voire contradictoires. Bien que complexe, la tâche s'impose absolument.

Nous répugnons à proposer de nouvelles structures bureaucratiques, mais il nous apparaît de la plus haute importance que le système d'éducation soit soumis à un examen public et indépendant. C'est pourquoi nous recommandons la création d'un nouvel organisme, l'Office de la redevabilité et de l'évaluation de l'apprentissage, qui serait composé d'un petit nombre de spécialistes de l'éducation et de l'évaluation et qui relèverait directement de l'Assemblée législative. L'une de ses responsabilités premières serait d'évaluer le succès de la politique d'éducation, à partir surtout des deux tests universels de lecture et d'écriture qui seraient donnés en 3e et en 11e années et du test de calcul qui serait donné en 3e année.

D'autres fonctions lui incomberaient naturellement. Il établirait par exemple une série d'indices de mesure dont devraient se servir le Ministère et les conseils scolaires. Il définirait dans ses grandes lignes le contenu obligatoire des rapports annuels du Ministère et des conseils, qu'il réviserait lui-même pour s'assurer de l'exactitude de l'information communiquée et de la justesse du diagnostic posé sur l'état de santé de l'institution.

S'il s'acquitte correctement de sa tâche et diffuse efficacement ses conclusions, ce modeste bureau contribuera sensiblement à rassurer enfin les Ontariennes et les Ontariens quant à la capacité du système d'éducation de leur rendre des comptes.

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