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Jeudi 26 janvier 1995
Le plan directeur de la Commission royale sur
l'éducation en vue de changer le système scolaire de
l'Ontario
Toronto -- Jeudi, les cinq membres de la
Commission
royale sur l'éducation ont dévoilé dans un rapport
ayant fait l'unanimité une vision inédite de l'éducation
en Ontario. Le rapport, intitulé Pour l'amour d'apprendre, fournit un
plan directeur en vue de changer le système scolaire de l'Ontario et de
doter tous les élèves des outils nécessaires pour
affronter les défis du XXIe siècle.
Le rapport de quatre volumes, qui indique les nouvelles
mesures radicales à prendre, est accompagné d'un disque compact
interactif et d'une version abrégée (83 pages). Les commissaires,
soit Mme Monique Bégin, M. Gerry Caplan, Mlle
Manisha Bharti, Mme Avis Glaze et M. Dennis Murphy, ont
présenté en début de journée le rapport au ministre
de l'Éducation et de la Formation, M. Dave Cooke.
"Il s'agit d'un rapport à la fois idéaliste et
pratique", a dit Mme Monique Bégin. "Il n'y a pas de doute
qu'en dépit de la situation économique, nous pouvons bâtir
un système d'éducation vraiment excellent et de haute
qualité. C'est ce que nous ont dit espérer des milliers
d'Ontariens et d'Ontariennes, qu'ils soient parents ou élèves.
Sous l'apparente contradiction des demandes, on sent toutefois que les gens
veulent tous faire ce qui est le mieux pour les jeunes. Ce ne sera pas facile,
mais c'est faisable. La question est de savoir si nous avons la volonté
de mettre les choses en train. Je crois sincèrement que nous
l'avons".
"Nous souhaitons véritablement que la majorité
des élèves de l'Ontario terminent leurs études secondaires
et soient à ce moment-là lettres, cultivés,
créatifs et déterminés. Nos recommandations visent
à ce qu'ils sachent résoudre des problèmes et
réfléchir de manière logique et critique. Ils seront en
mesure de bien communiquer, de travailler dans un esprit d'équipe, et
surtout, ils auront appris à apprendre", a dit le coprésident, M.
Caplan. "Toutes nos recommandations visent à ce que tous les
élèves de l'Ontario atteignent ce but. Nous avons encore
toutefois beaucoup de chemin à parcourir à ce propos".
Les 167 recommandations de la Commission ont pour but
d'entraîner des changements fondamentaux dans le système
d'éducation. La Commission, qui reconnaît que les moyens
classiques appliqués en matière de réforme scolaire ne
suffisent pas à modifier l'important système d'éducation
de l'Ontario, redéfinit les responsabilités fondamentales et
communes des écoles et recommande quatre grands "moteurs" pour
entraîner des changements. Ces quatre moteurs sont :
- La professionnalisation et le perfectionnement des
enseignants et enseignantes. Impossible de réformer
sérieusement le système scolaire sans une participation
enthousiaste des enseignants et enseignantes. Ces derniers sont les
héros du monde de l'éducation, mais il faut beaucoup plus les
soutenir pour qu'ils puissent jouer ce rôle vital et difficile qui est le
leur. La Commission recommande que la formation des enseignants et enseignantes
soit prolongée, d'un à deux ans. De plus, comme elle
reconnaît qu'une mise à jour des connaissances et
compétences s'impose, elle recommande que le perfectionnement
professionnel soit obligatoire pour tous les éducateurs et
éducatrices. Il faudrait créer un Ordre des enseignants et des
enseignantes de l'Ontario qui serait un organisme indépendant
responsable de déterminer les normes professionnelles, de
décerner leur brevet d'enseignement aux enseignants et enseignantes et
d'approuver les programmes de formation des enseignantes et enseignants.
- Des alliances communautaires. Des
enseignantes et enseignants surchargés ne peuvent pas remplir de
façon efficace leur rôle principal, soit celui d'accroître
les compétences intellectuelles des élèves. Les ressources
du milieu - parents, organismes communautaires, services sociaux,
industries, commerces et syndicats, groupements religieux, culturels et
sportifs - doivent participer aux tâches non scolaires. La
Commission recommande que chaque école établisse un conseil
scolaire-communautaire se composant de parents, d'élèves et de
représentants de la communauté, de façon que des liens
plus solides unissent les écoles et les communautés. Pour que les
services soient mieux coordonnés, il faut procéder au niveau
provincial à une réforme complète des politiques et des
programmes destinés aux enfants.
- Éducation de la petite enfance. Les
commissaires recommandent que la province offre des programmes de
préparation à l'école pour tous les enfants
âgés de trois ans que les parents veulent y inscrire. Ce genre
d'apprentissage précoce peut vraiment avoir des répercussions
positives sur le succès scolaire d'un enfant. Les enfants qui suivent
des programmes de haute qualité acquièrent non seulement des
compétences et des aptitudes en matière d'adaptation, mais
développent aussi des attitudes positives à l'égard de
l'apprentissage. De plus, en offrant très tôt aux enfants un
milieu d'apprentissage sûr et encourageant, on leur donne à tous
les mêmes chances et on peut dépister assez tôt les
problèmes d'apprentissage et y appliquer les correctifs
appropriés.
- Les technologies de l'information. Dans un
monde où la culture informatique devient aussi importante que le fait de
savoir lire et écrire, les technologies de l'information constituent de
nouveaux instruments puissants qui peuvent transformer la nature traditionnelle
de l'enseignement et de l'apprentissage. Les élèves peuvent
apprendre de nouvelles techniques pour résoudre des problèmes et
acquérir des capacités de raisonnement analytique et critique
d'un haut niveau. Ils ont aussi accès à une mine d'information
au-delà de la salle de classe, information dont personne n'osait
rêver jusqu'à présent. Le gouvernement et le milieu des
affaires doivent collaborer pour fournir aux écoles des liens avec les
réseaux et les ressources techniques pertinentes.
Outre ces quatre moyens d'action, le rapport comprend d'autres
recommandations visant à améliorer l'enseignement et
l'apprentissage, qui toutes se fondent sur une question dominante : Est-ce
qu'elles améliorent la qualité de l'enseignement et de
l'apprentissage?
Points saillants des recommandations
- Programmes d'études
- deux genres de cours plus des cours communs, de la
10e à la 12e année : Cours
académiques de l'Ontario et Cours appliqués de l'Ontario,
l'accent étant mis sur les compétences et les connaissances
appliquées, coordination centralisée de l'élaboration des
programmes d'études, avec possibilité que 10 % de
celle-ci se fasse à l'échelon local
- Décloisonnement
- décloisonnement de la 1re à la
9e année, spécialisation de la 10e à
la 12e année
- Élimination progressive de la 13e
année
- spécialisation terminée en trois ans
après la 9e année, les économies
réalisées en éliminant une année compenseront
certains des coûts de l'éducation de la petite enfance
- Responsabilités
- test uniforme à l'échelle de la province des
savoirs de base en lecture, écriture et calcul à la fin de la
3e année; en 11e année, test de "litteratie
garantie" à l'échelle de la province; les écoles seront
tenues d'informer les parents de ce qu'on attend des élèves dans
chaque cours (résultats et normes)
- Bulletin scolaire
- le Ministère préparera un bulletin scolaire
commun, facile à comprendre
- Office de la redevabilité et du rendement de
l'apprentissage
-
- fera rapport à l'Assemblée
législative
- sera responsable de l'application d'évaluations
uniformes à l'échelle de la province en 3e et
11e année
- surveillera la performance du système
- Financement
-
- le financement équitable par élève
sera déterminé à l'échelon central
- tous les propriétaires d'une résidence
privée paieront leurs taxes au système scolaire de leur
choix
- les propriétaires n'ayant pas exercé leur
droit verront leurs taxes mises en commun et reparties par
élève
- Conseillers et conseillères scolaires et
conseils scolaires
-
- tous les conseillers et conseillères scolaires
travailleront à temps partiel et leurs honoraires annuels ne
dépasseront pas 20 000 $
- le rôle des conseillers et conseillères
scolaires est d'élaborer des politiques, et non d'intervenir directement
dans la gestion des écoles
- Conseil scolaire public de la Communauté
urbaine de Toronto
- éliminer progressivement le Conseil scolaire de la
Communauté urbaine de Toronto après avoir transféré
les responsabilités du calcul des subventions à la province
- Parents
-
- Charte des droits et responsabilités des parents
pour préciser ce que les parents peuvent attendre des écoles
- participation aux conseils
scolaires-communautaires
- les parents seront tenus au courant de ce que leurs
enfants sont censés savoir
- Élèves
-
- Charte des droits et responsabilités des
élèves
- une ou un élève votant du niveau
secondaire dans chaque conseil scolaire
- mécanisme permettant de recevoir les
commentaires systématiques des élèves à propos de
leurs écoles
- un Conseil consultatif provincial des
élèves et des jeunes
- Écoles de langue
française
-
- le Ministère mettra en oeuvre un système
de gestion "par et pour les francophones"
- financement de programmes de rattrapage linguistique
accéléré et d'animation culturelle
- Écoles catholiques
-
- représentation de l'enseignement catholique
à tous les niveaux du Ministère
- maintien de l'embauche préférentielle
- toutes les facultés d'éducation offriront
des cours spéciaux pour préparer à l'enseignement dans les
écoles catholiques
- Questions autochtones
-
- les programmes d'études dispensés
à tous les élèves de l'Ontario refléteront de
manière plus juste l'histoire et la culture des autochtones et leur
rôle dans la société canadienne
- élaboration de lignes directrices relatives
à l'utilisation des langues autochtones comme langues
d'enseignement
- Attention spéciale portée aux groupes
minoritaires
-
- politiques anti-racistes, formation des
éducateurs et éducatrices, méthodes et matériel
pédagogiques pertinents
- critères d'admission des enseignantes et
enseignants représentant mieux la composition démographique de
l'Ontario
- programmes novateurs visant à répondre
aux besoins spéciaux d'un groupe particulier, tels que définis
par le milieu
- Élèves ayant des besoins
spéciaux
-
- intégration des élèves ayant des
besoins spéciaux, un appui leur étant offert dans la salle de
classe, le cas échéant, d'autres placements sont
appropriés
- programmes d'accélération destinés
aux élèves surdoués
- Les écoles et le monde des
affaires
-
- politiques sympathiques aux familles en milieu de
travail pour faciliter la participation des parents dans les écoles
- participation aux conseils
scolaires-communautaires
- encourager le milieu des affaires à davantage
participer à des projets d'enseignement coopératifs
- le monde des affaires doit travailler de concert avec
le gouvernement pour offrir les nouvelles technologies aux écoles
Depuis la création de la Commission le 5 mai 1993, les
commissaires ont entendu 1 400 personnes et groupes dans 27 villes
de la province et étudie 4 800 mémoires
supplémentaires. De plus, la Commission a mis sur pied un programme
d'extension des consultations spécial pour les jeunes, s'est
penchée sur les recherches faites dans le domaine, a rencontré
des spécialistes et a étudié au peigne fin les
systèmes d'éducation de beaucoup d'autres compétences.
La Commission recommande maintenant que le gouvernement nomme
un comité autonome de mise en oeuvre des recommandations.
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