Accessibilité et participation des francophones de l'Ontario à l'éducation postsecondaire 1979-1994


Sommaire

Le rapport Accessibilité et participation des francophones de l'Ontario à l'éducation postsecondaire, 1979-1994 est disponible dans ce site ( fichier Adobe Acrobat, 353 Ko).


Ce rapport rend compte d'une recherche qui est essentiellement la mise à jour de deux recherches d'accessibilité et de participation des francophones de l'Ontario menées antérieurement par les auteurs. Comme dans les études antérieures, on montre les flux de population scolaire chez les francophones de l'Ontario selon les différentes sortes d'écoles secondaires fréquentées (anglais/français/ "mixte" autant les écoles publiques que séparées) jusqu'aux études postsecondaires au niveau collégial et au premier cycle universitaire. On ajoute des données d'inscription pour les études supérieures.

    Liens rapides
  • Méthodologie
    Les données d'inscription
    La langue maternelle
    Les indicateurs de l'éducation

  • Résultats
    Élémentaire/Secondaire
    L'inscription au premier cycle universitaire
    L'inscription francophone au collégial

  • Conclusion

Méthodologie

Cette étude est une recherche comparative et historique de l'inscription scolaire aux niveaux élémentaire, secondaire et postsecondaire de l'Ontario.

Les données d'inscription

Les données relatives à l'inscription universitaire sont présentées pour la période 1979-1994, celles relatives à l'inscription collégiale pour la période 1982-1994 et celles relatives à l'inscription élémentaire et secondaire pour la période 1967-1994 dans certains cas, mais la plupart du temps pour la période 1990-1995.

Au premier cycle universitaire, l'inscription est ventilée selon la langue maternelle, le sexe, le domaine d'études et les quelques trois douzaines de programmes les plus en demande chez les francophones de l'Ontario.

Au collégial, l'inscription est présentée selon la langue maternelle, le sexe, la division des études et le collège. Bien que cette recherche fait référence à l'inscription à compter de 1982, la période initiale jusqu'en 1989 n'est pas en tous points comparable à celle qui suit étant donné un changement de définition de la catégorie de langue maternelle de l'étudiant.

À l'élémentaire et au secondaire, l'inscription est présentée selon la langue d'enseignement de l'école (anglais/français).

Enfin, cette étude présente les analyses relatives à la transition entre le secondaire et le premier cycle universitaire selon chaque école secondaire de langue française. De telles informations sont en théorie disponibles pour la transition entre le secondaire et le collégial, mais elles n'ont pu être utilisées dans cette étude. Les données relatives à la transition entre le secondaire et le postsecondaire sont ventilées selon la langue d'enseignement de l'école (anglais/français/mixte) et selon le type d'école (publique/séparée).

La langue maternelle

Dans une étude de ce genre rien ne paraît plus important que la tâche qui consiste à définir la population-cible de l'étude. Et pourtant rien n'est plus difficile étant donné l'état des sources des données.

À l'élémentaire et au secondaire, il n'existe pas de données systémiques sur la langue maternelle des élèves. Seule existe la ventilation de la population scolaire selon la langue d'enseignement de l'école.

La question de la langue maternelle paraît pour la première fois dans les statistiques officielles dans les données relatives à la demande d'admission à un établissement postsecondaire, c'est-à-dire dans les données recueillies par le Centre de demandes d'admission aux universités ontariennes et au Service des admissions des collèges de l'Ontario (SACO), tous les deux situés à Guelph. Mais alors surgit un nouveau problème puisque les formulaires de demande d'admission n'entendent pas la catégorie de « langue maternelle » de la même façon. Le formulaire de demande d'admission à l'université fournit trois catégories : anglais/français/autre, alors que le formulaire de demande d'admission aux collèges fournit quatre catégories de « langue première » : anglais/français/bilingue/autre. La catégorie de « bilingue » vise les francophones bilingues, mais un examen des données de demandes d'admission révèle un nombre anormalement élevé de « bilingues », du moins par rapport à ce que pouvaient suggérer les recensements récents. Il a fallu donc procéder à des estimations supplémentaires afin de déterminer la population scolaire francophone au collégial.

Les indicateurs de l'éducation

Un des sous-produits de cette recherche fut l'élaboration d'un certain nombre d'indicateurs de l'éducation pouvant servir dans d'autres contextes que celui d'une étude d'accessibilité.

Certains indicateurs seraient utilisables à plusieurs niveaux, p. ex., l'indice de concentration des femmes selon le programme ou le domaine d'études; d'autres seraient utiles à un seul niveau p. ex., l'indice d'attraction des collèges. D'autres encore seraient appropriés au postsecondaire uniquement p. ex., l'indice de mobilité des étudiants postsecondaires.

S'ensuit un tableau des divers indicateurs de l'éducation utilisés dans cette étude et le niveau auquel il s'applique dans la recherche. Certains sont des indicateurs traditionnels dans ce genre d'étude; d'autres ont été confectionnés pour les besoins de la cause.


Tableau 1 – Indicateurs de l'éducation utilisés dans cette étude

Indicateur Objet Élém./Sec. 1er cycle Collégial
Taux de rétention d'une cohorte initiale

x

x


Taux de participation selon groupe des 18-21 ans

x

x

Taux de transition % au niveau suivant

x



Indice de mobilité % à l'extérieur de la région

x

Indice d'attraction % de l'extérieur de la région

x

Indice de concentration % selon le champ d'études

x


Indice de ségrégation proportion hommes/femmes

x




De plus, les indicateurs traditionnels de l'inscription à temps plein et à temps partiel ont été utilisés partout, de même que la répartition selon les domaines d'études, selon le programme et selon le sexe. La répartition a été exprimée en termes de pourcentages de l'inscription totale.

Partout dans la recherche on compare avec la population scolaire non-francophone, bien que cette comparaison représente un choix méthodologique plutôt qu'un choix normatif. Rien ne dit que l'inscription francophone devrait refléter celle de la population non-francophone.

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Résultats

Les résultats les plus importants sont présentés selon le niveau en question.

Élémentaire/Secondaire

Les données d'inscription scolaire révèlent un taux d'attrition des élèves à la fin de l'élémentaire dans les écoles françaises qui touche les 25 % d'une cohorte initiale débutant en première année sept ans auparavant. Puisqu'il n'y a pas (ou presque pas) de « décrocheurs » à l'élémentaire, il faut tenir pour acquis que cette perte représente le transfert des élèves dans un autre système, soit à l'intérieur soit à l'extérieur de l'Ontario. La dérivation des taux d'attrition provient des données d'ensemble, ce qui veut dire que le taux final est la résultante de deux phénomènes conjoints : les départs vers d'autres écoles et l'arrivée de nouveaux élèves compensant partiellement le nombre de départs réels. On peut conclure que les écoles élémentaires de langue française sont constamment aux prises avec un problème de taille, à savoir un très grand nombre d'arrivées mais surtout de départs, le tout étant associé à un degré de compétence linguistique très variable chez les uns et les autres. On tient également pour acquis que cet état de choses représente un défi pédagogique des plus importants.

Il est presque impossible, pour l'instant, de calculer le vrai taux de « décrochage » dans les écoles secondaires de langue française. Par contre, il est clair que le nombre de francophones faisant la transition entre une école secondaire de langue anglaise et le premier cycle universitaire est très bas tout en demeurant significatif.

Nos études antérieures avaient souligné les taux de transition entre le secondaire et le premier cycle universitaire selon le type d'école fréquentée (français/anglais/« mixte » d'une part, et publique/séparée d'autre part). Depuis notre étude de 1989 un certain nombre d'écoles dites « mixtes » a acquis le statut d'école de langue française, sans que le régime pédagogique ait changé de manière significative. Le résultat est un artefact statistique qui oblitère les différences entre les types d'écoles. Dorénavant nous recommandons de ne plus tenter ces distinctions fines. La seule distinction qui comptera dorénavant est celle des taux de transition selon les écoles anglaises et les écoles françaises, les écoles mixtes restant incorporées dans le calcul des écoles françaises.

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L'inscription au premier cycle universitaire

Les taux de participation

Le résultat le plus important est sans contredit celui du taux général de participation comparée. Jusqu'au milieu des années 1980, le taux de participation générale des francophones avait augmenté à peu près au même taux que celui des non-francophones. Le résultat de cet état de choses fut un taux de participation qui se situait à la moitié de celui des non-francophones, à peu de choses près. Cette étude révèle qu'à compter du milieu des années 1980, le taux de participation des francophones de l'Ontario commence à grimper imperceptiblement, si bien qu'en 1994 le taux de participation des francophones atteint 71,1 % de celui des non-francophones de l'Ontario, un taux révélant beaucoup de progrès en une décennie. La figure 1 montre ce développement sur une période de 16 ans.

Fig.1 – Taux de participation générale des francophones et non-francophones de l'Ontario, 1979-1994
Fig.1 – Taux de participation générale des francophones et non-francophones de l'Ontario, 1979-1994

Cette mouvance dans les taux de participation est particulièrement importante parce qu'on avait largement tenu pour acquis que la création des écoles secondaires de langue française à la fin des années 1960 allait se traduire automatiquement en un taux de participation plus élevé au postsecondaire. Cela a été partiellement vrai dans le sens que l'augmentation dans le taux de participation des francophones a suivi celle du reste de la population. Mais il n'y avait pas eu d'augmentation relativement à celle de la population non-francophone avant le milieu des années 1980.

Dans cette recherche il nous a aussi fallu déterminer si la création de la Cité collégiale avait eu un impact négatif ou non sur l'inscription au premier cycle universitaire. On avait supputé informellement que l'inscription francophone au premier cycle avait atteint un plafond et que la mise sur pied du nouveau collège de langue française allait réduire les effectifs du premier cycle. Cette recherche démontre qu'il ne semble y avoir aucun impact négatif sur l'inscription au premier cycle universitaire.

Encore plus révélateurs sont les taux de participation selon le domaine d'études de l'éducation, domaine qui comprend les programmes de la formation des enseignants, la récréologie et la kinésiologie. Le domaine de l'éducation est à peu près le seul où le francophone de l'Ontario a une haute probabilité de pouvoir suivre son programme en français et puis, après obtention de son diplôme, de travailler en français. Les résultats présentés à la figure 2 sont on ne peut plus éloquents. Il s'agit d'un autre exemple de ce qui a souvent été noté, en contexte minoritaire, de l'impact de deux facteurs conjugués : les inscriptions augmentent selon la disponibilité des services éducatifs appropriés et l'accès aux emplois en français.

Fig. 2 – Taux de participation des francophones et des non-francophones de l'Ontario, Éducation, 1979-1994
Fig. 2 – Taux de participation des francophones et des non-francophones de l'Ontario, Éducation, 1979-1994

Toutefois, d'autres domaines d'études ne démontrent pas le même profil de résultats. Il semble que le taux de participation des francophones varie en fonction de la disponibilité des programmes en français. Dans ces domaines d'études où il y a un grand nombre de programmes en français, le taux de participation des francophones s'approche de celui des non-francophones sans toutefois l'atteindre. Là où il existe peu de programmes en français, le taux de participation des francophones est bas.

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Les études à temps complet/à temps plein

Une des nouvelles tendances les plus préoccupantes est sans contredit celle de la nouvelle répartition des étudiants à temps plein et à temps partiel. Jusqu'en 1992, près de la moitié des étudiants francophones poursuivaient leurs études universitaires à temps partiel. De 1989 à 1994 le nombre d'étudiants francophones à temps partiel a chuté de 19,0 % pendant que le nombre d'étudiants à temps plein a continué à augmenter, si bien qu'en 1994 à peine un tiers des étudiants francophones poursuivaient leurs études universitaires à temps partiel. L'inscription à temps partiel chez les non-francophones a baissé de 7,7 % pour atteindre 28,7 % de l'inscription totale, soulignant une tendance déjà importante en faveur des études à temps plein.

On a beaucoup écrit au sujet de la prétendue tendance vers les études à temps partiel. Ces données laissent entrevoir un renversement de la vapeur, si bien que la tendance plus récente est vers les études à temps plein. Plus précisément, l'inscription à temps plein continue à augmenter (l'inscription non-francophone a plafonné en 1992) tandis que l'inscription à temps partiel décline doucement dans le cas de la population générale et de façon dramatique dans le cas de la population francophone. Étant donné l'importance de ce phénomène, nous reproduisons les données comparées dans le tableau suivant.


Tableau 2 – Inscriptions au premier cycle selon les études à temps plein et à temps partiel, francophones et non-francophones de l'Ontario, 1989-1994


Francophones Non-francophones

t. plein t. partiel total t. plein t. partiel total
1989
%
5 262
53,7
4 544
46,3
9 806
100,0
179 828
67,7
85 734
32,3
265 562
100,0
1990
%
5 466
54,0
4 653
46,0
10 119
100,0
186 906
68,0
88 018
32,0
274 924
100,0
1991
%
5 829
56,6
4 462
43,3
10 291
100,0
194 026
67,9
91 750
32,1
285 776
100,0
1992
%
6 069
58,9
4 229
41,1
10 298
100,0
197 822
68,4
91 423
31,6
289 245
100,0
1993
%
6 188
64,2
3 450
35,8
9 638
100,0
197 794
70,3
83 483
29,7
281 277
100,0
1994
%
6 203
65,8
3 226
34,2
9 429
100,0
196 722
71,3
79 078
28,7
275 800
100,0
Source : ministère de l'Éducation et de la Formation. USIS. années sélectionnées

Le taux de rétention dans les universités bilingues

Les taux de rétention comparatifs basés sur les données d'ensemble sont présentés pour les francophones et les non-francophones inscrits dans les trois universités bilingues, soit l'Université d'Ottawa, l'Université Laurentienne et le Collège Glendon et ce pour la période 1982­1994. Les taux de rétention des deux groupes linguistiques sont très semblables à l'intérieur de chaque établissement, ce qui laisse entendre que le phénomène est beaucoup plus relié à des facteurs institutionnels qu'à des facteurs linguistiques. Dans tous les cas, le taux de rétention des francophones est légèrement plus élevé au début de la période qu'à la fin.

Par contre, le taux de rétention varie énormément d'un établissement à l'autre. Dans un des établissements, le nombre d'inscriptions augmente au cours d'une période de trois ans, alors que dans un autre il y a baisse de 66 % pendant la même période de temps. On pourrait prétendre que ce taux de rétention est dû à un grand nombre de transferts dans un régime d'études à temps partiel soit dans le même établissement soit dans un autre, mais l'on vient de constater que l'inscription à temps partiel a baissé de manière significative chez les francophones. S'il y avait un grand nombre de transferts dans un autre établissement, cela couvrirait la trace de départs dans l'établissement hôte. Quelle que soit la façon d'analyser le problème, la rétention dans les établissements pour lesquels nous avons fourni les données devrait faire l'objet d'un examen plus approfondi.

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L'inscription francophone au collégial

La découverte la plus importante relativement à l'inscription au collégial représente en fait un manque dans l'état des données officielles. Les données portant sur les caractéristiques de tous les étudiants dans la banque SICO commencent à faire défaut après 1991 et ont fini par manquer entièrement dès 1994. Nous avons pu faire des estimations de la population francophone totale pour l'année 1993-1994 sur la base d'indices partiels se trouvant encore dans les données de 1992 considérées comme toujours valides. Après 1993 les projections ont été jugées trop ténues.

En juillet 1995, face aux contraintes budgétaires, le ministère de l'Éducation et de la Formation, a dû éliminer le service SICO, tout en déclarant l'intention de demander à un organisme extérieur au gouvernement d'en assumer les services. Au moment de mettre sous presse ce rapport, aucun autre organisme n'avait pris la relève pour fournir les services autrefois maintenus par SICO. Cette lacune est arrivée à un moment particulièrement inopportun pour les francophones de l'Ontario. Avec la création de La Cité collégiale en 1990 et le transfert des programmes des collèges bilingues vers les nouveaux collèges de langue française, soit Le Collège Boréal et Le Collège des Grands Lacs, il eût été particulièrement important de pouvoir suivre les flux de population scolaire d'un type d'établissement à l'autre, de même que de constater l'impact des nouveaux collèges sur le taux de participation des francophones.

Ce rapport propose en fait des estimations relativement à la transition des populations scolaires dans les établissements bilingues vers les établissements de langue française basées sur l'expérience des premières années de La Cité collégiale, mais une analyse en bonne et due forme de l'inscription selon la division des études et selon le programme a été malheureusement impossible.

Les taux de participation aux Collèges des Arts appliqués et de Technologie

Lors de notre étude précédente, nous avons noté l'impact négatif de la récession de 1982 sur les taux de participation des francophones au collégial. Il y avait eu alors un effort de réduire les coûts dans le système collégial et cette tentative a souvent pris la forme, dans les collèges bilingues, d'un fusionnement des cours et des programmes autrefois offerts dans les deux langues. Inutile d'ajouter que ce fusionnement s'est fait le plus souvent au détriment des cours offerts en français. Cette stratégie a été particulièrement évidente dans la division de la Technologie où l'on prétendait souvent que la langue de la technologie était de toute façon l'anglais, si bien que l'offre des cours en anglais devait être considéré comme un avantage pour les étudiants.

Et pourtant, le résultat fut une chute dramatique de l'inscription francophone. Puisque la chute a été concentrée dans la division de la technologie, l'impact as été senti surtout dans l'inscription des hommes francophones. Le résultat a été double : l'inscription n'a pas retrouvé les niveaux de 1982 avant 1990 et le rapport femmes – hommes a atteint 60 % de l'inscription francophone totale.

La figure 3 montre les taux de participation comparés des francophones et des non-francophones. Les taux de participation de 1993 reflètent des projections basées sur les données partielles tirées de la banque SICO. On notera que les taux de participation des francophones commencent à augmenter en 1990, précisément au moment de l'ouverture de La Cité collégiale. Il semble donc que le taux de participation des francophones s'approche de nouveau de celui de la population non-francophone. De plus, la répartition des hommes et des femmes francophones est de nouveau presque à égalité.

Fig. 3 – Taux de participation des francophones et de non-francophones de l'Ontario, 1979-1994
Fig. 3 – Taux de participation des francophones et de non-francophones de l'Ontario, 1979-1994

La répartition des hommes et des femmes

Une des dimensions les plus complexes en éducation en langue minoritaire est sans contredit la supériorité numérique des femmes francophones au niveau postsecondaire. Au moment de notre étude de 1990 les femmes francophones représentaient à peu près 60 % de l'inscription postsecondaire et ce autant au niveau collégial qu'au premier cycle universitaire. L'avantage féminin au premier cycle avait commencé dès avant 1979 au moment où nous avons commencé à recueillir les données, alors que les femmes nonfrancophones ont connu un avantage relatif seulement en 1987. Et comme nous l'avons vu précédemment, la prépondérance féminine se fit sentir au collégial dès le début des années 1980 suivant le déclin important de l'inscription masculine.

La figure 4 ci-dessous résume les taux de participation comparés des hommes et des femmes francophones et nonfrancophones au premier cycle universitaire. Le tracé des courbes révèle que le taux de participation augmente plus rapidement pour les hommes et les femmes francophones et que parmi les francophones, le taux de participation des femmes augmente plus rapidement que celui des hommes. De plus, l'écart entre les hommes et les femmes francophones est presque le double de celui qui existe entre les hommes et les femmes nonfrancophones.

Fig. 4 – Taux de participation comparée des hommes et des femmes francophones et non-francophones, 1979-1994
Fig. 4 – Taux de participation comparée des hommes et des femmes francophones et non-francophones, 1979-1994

Il y a de toute évidence une autre question qui consiste à examiner le cantonnement des sexes selon le domaine d'études et cette question a été examinée dans une certaine mesure par cette recherche. Un indice de concentration a été calculé pour chaque domaine d'études, ce qui permet la comparaison de l'importance relative que représente chaque domaine d'études, de même que les trois douzaines de programmes universitaires les plus en demande chez les francophones.


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Conclusion

Pris isolément, le taux de participation semble réagir plus lentement au premier cycle universitaire qu'au collégial. Le taux de participation francophone au collégial a chuté après la récession de 1982, mais il a rebondi plus rapidement que le taux de participation au premier cycle. Celui-ci a démontré un progrès plus lent mais en même temps plus uniforme. Envisagé de cette manière, il semblerait que le taux de participation au collégial soit plus sensible aux facteurs conjoncturels.

Si le taux de participation des francophones est inférieur au premier cycle universitaire, le taux de participation au collégial devrait en théorie accuser un niveau encore plus élevé. Le succès relatif des francophones au niveau collégial devrait donc être interprété comme un insuccès relatif, étant donné le taux de participation plus bas au premier cycle universitaire. On s'attendrait à ce que le taux de participation au collégial soit encore plus élevé qu'il ne l'est à ce moment. Nous ne proposons pas l'argument contraire à savoir qu'un taux de participation plus bas au collégial devrait se compenser par un taux de participation plus élevé au premier cycle.

Il est important de noter une appréciation globale qui constate un système où les deux niveaux du postsecondaire démontrent, depuis le milieu des années 1980, une capacité de réponse aux aspirations des francophones de l'Ontario qui s'en va en augmentant. Les taux de participation à la hausse sont à cet égard très révélateurs. On peut bien sûr se demander si c'est suffisant, ou si c'est assez tôt. Il est clair, que depuis le milieu des années 80, l'accessibilité et la participation des francophones ont enfin commencé à s'améliorer relativement à la population non-francophone.


Vous pouvez contacter Normand Frenette par courrier électronique à l'adresse suivante : nfrenette@oise.utoronto.ca