Webémissions : Pour l'avenir de la francophonie ontarienne

6e Principe – L'héritage culturel est à revisiter avec le regard du présent et la perspective de l'avenir.

Transcription

Durée : 9:37

Intervenant Audio

Marc-André

Selon moi la culture, c'est aussi, comme t'as dit, c'est les institutions qu'on a mais c'est aussi la façon que les gens vivent, puis les rapports entre les gens. Puis, c'est juste pouvoir avoir des points de repère dans la société jusqu'à un certain point. Fait que ta culture, ça dépend; ça peut être avec des artistes, ça peut être juste la façon dont toi, tu vis, ça peut être avec la langue, ça peut être les relations avec les autres. Un endroit où toi te sens confortable, où tu peux t'exprimer.

Dominique

Pour moi, j'ai beaucoup aimé le point que tu as fait par rapport à … La culture c'est la base d'une société. Un peuple ne pas peut pas vivre, un groupe de gens ne peut pas vivre en société s'ils n'ont pas de culture. Ça s'appelle pas un groupe de gens, c'est pas un peuple. Puis là-dedans, il y a plein d'affaires qui rentrent; il y a l'histoire, il y a toute notre héritage. Comme par exemple, nous comme franco-ontariens, ou en tant que Canadiens-français, ou en tant que Canadiens tout court, notre héritage, notre culture, elle nous vient de la France, elle nous vient de l'Angleterre, elle nous vient de l'Europe. Pour moi, c'est tout ça. En plus de ce que tu as dit, les arts, l'écriture, nos traditions, justement. C'est toute ça qui fait notre culture qui … constitue qui on est, en tant que peuple, ou en tant que société

Guillaume

Un des exemples que j'veux amener, c'est l'Écho d'un peuple. Ça, c'est un bon exemple je dirais de la francophonie au Canada. Comme à Casselman, ils ont fait le gros spectacle pour démontrer qu'est-ce qui s'est passé comme le Règlement 17, ça, ça fait beaucoup partie de l'Histoire. Pour moi, l'Histoire c'est, personnellement, le point le plus culminant de la culture… c'est comme un chemin qui aide beaucoup à définir certaines choses. C'est revoir dans le passé qu'est-ce qui s'est passé comme Montfort, Règlement 17. C'est toutes des choses, pour nous, comme -Franco-ontariens, ça nous a vraiment frappés. Et puis encore à ce jour, on se bat encore pour d'autres choses comme les universités francophones.

Carine

Bien, ma mère me répète toujours que ses ancêtres se sont vraiment battus et on souffert parce qu'eux autres, ils croyaient beaucoup en leur langue française. Elle me le répète toujours. Éventuellement, ça cliqué. Oui, je suis fière et je veux m'exprimer en français. C'est vrai que c'est tout un héritage de pouvoir parler français. Et, ensuite pouvoir parler plus qu'une langue. Alors, je suis fière de ça.

Cécile

Si tu perds ta langue, tu pers pas seulement ta langue. Comme si t'as des ancêtres qui étaient francophones, tu perds ça aussi. Et si t'as une communauté à l'entour de toi qui était francophone, bien si tu ne parles plus en français, c'est plus dur d'en faire partie. Alors, oui, c'est comme perdre une partie de toi-même.

Innocent

On dit chez moi, un vieillard qui meurt en Afrique, est une bibliothèque qui brûle …. Pourquoi?  Parce que quelqu'un qui a appris… Toi, par exemple, tu es née en Afrique, t'as appris une langue, une culture africaine. Tu viens en Europe et tu commences à t'habituer à la vie européenne, à la vie canadienne. Toi t'es née au Canada, tu es habituée à la vie canadienne. Et comme ça tu rentres chez toi… pardon, tu as appris l'anglais, tu as appris le français.

C'est comme chez toi, on porte une tenue. Maintenant, tu rentres chez et tu vois quelqu'un porter cette tenue et tu dis : « Non, mais c'est quoi tu portes? »  Là, tu en train de faire… de perdre ta culture complètement.

Traore

Chez moi, on dit le morceau de bois qui a tant duré dans l'eau, il ne peut jamais devenir caïman.

Donc, même si on a quitté chez nous…Bon, moi, je ne suis pas née ici; je n'ai pas grandi ici. Ça fait seulement deux ans que je suis ici. Mais, je pense que c'est de mon devoir quand je vais avoir mes enfants de leur parler…même si je n'ai pas la possibilité de les ramener chez moi de leur parler de ce qui se passe chez moi comment, comment on vit chez moi, comment les choses se passent chez moi. Alors, c'est à peu près la même chose comme la culture francophone, ici. Moi, je connais des francos, on les appelle des franco-ontariens qui ne parlent même pas le français. Je m'excuse de l'expression mais je pense qu'ils sont complètement égarés parce que tu peux apprendre la langue de l'autre, tu peux apprendre la culture de l'autre mais au point de t'oublier toi-même, là, il y a un problème.

Arielle

La grosse différence entre les francophones et les anglophones en Ontario, c'est notre culture parce que même si la culture américaine est en train d'affecter même les francophones, il nous reste encore quelque chose de notre culture à la base… qu'on a une culture peut-être comparativement au côté anglophone qui est beaucoup plus américanisé.

 Chamberline

Ce qui me motive c'est que déjà je viens d'une famille, j'ai été toute petite bercée dans le français et je trouve que c'est un truc que j'apprécie beaucoup le français. Alors je pense même si j'ai pas de motivation dans la ville pour conserver le français, moi en tant que francophone, je sens que c'est mon devoir de vouloir, de préserver le français.

Carine

Chez nous ma mère est Acadienne, puis elle pousse vraiment comme « Ah! tu sais pas ce que tes ancêtres ont fait pour toi.» Puis, là, on a tout le temps ces discussions-là. Puis, après un bout de temps, quand tu vieillis, on dirait que ça clique. Oui, ils ont travaillé fort; puis moi, j'suis en train de parler anglais puis… je détruis tout ce qu'ils ont fait juste parce que je veux parler anglais à place du français. Alors, vraiment, là, j'aime parler en français parce que je pense que tout le monde a travaillé fort. Puis, là, c'est à mon tour de prendre la relève.

Mathieu

Puis, j'pense qu'on voit ça aussi beaucoup grâce à « l'Écho d'un Peuple » qui nous montre toute l'histoire surtout franco-ontarien. Mais ça nous montre toute qu'est-ce que nos ancêtres ont fait jusqu'à l'année des hippies, jusqu'à aujourd'hui. C'est vraiment l'fun qu'on a la chance de voir ça puis même de vivre ça pour « l'Écho d'un Peuple en nord », ici, à Thériault.

Sonine

Aussi, quand quelqu'un ne parle pas le français, je peux lui apprendre de nouvelles choses. J'aime ça apprendre, quand je viens avec quelque chose de différent devant une autre personne. « Tu parles pas français? O.k. je peux te l'apprendre »  Comme plusieurs personnes m'ont même proposé de me payer pour que je leur apprenne le français. Je vais les faire payer… Ça m'a fait un plaisir de venir avec une nouvelle chose. Est-ce que tu veux m'apprendre le français?  Pour eux, ils veulent, c'est quelque chose, c'est quelque chose de spécial. Et j'aime ça quand j'ai quelque chose spécial à montrer à d'autres personnes.

Alexandre

Ne pas trop se limiter à une réalité …essayer d'explorer les autres réalités régionales… ne pas se limiter à, mettons, la province de l'Ontario…. Regarder les réalités qui existent à l'extérieur de l'Ontario, dans les autres provinces. Explorer les possibilités qui existent à l'international … la valeur d'être francophone… enfin, un francophone étant citoyen du monde.

Pierre-Luc

Un élément gagnant de la francophonie, moi, je dirais les grands rassemblements; juste ici, à notre école, dans le Conseil on a fait la Kermesse, les rassemblements de la FESSFO, les Jeux Franco-Ontariens. Ça passe aux nouvelles, ça fait de la publicité avec les média, pis toute ça. Ça montre que la francophonie, c'est oui, c'est une langue mais c'est aussi autre chose pis c'est un peuple qui a une fierté à partager avec les autres.

Carine

Comme tes grands-parents, ils ont du vécu. Ils ont fait leurs petites erreurs puis ils peuvent te guider; toi tu vas faire tes erreurs o. k. mais ils peuvent te guider  comment… genre… je ne sais pas.. contourner certaines choses. Des affaires qu'Internet peut pas te montrer. Quand tu y penses, on vit dans un monde tellement pressé qu'on prend pas le temps… je sais pas comme parler avec nos grands-parents de choses qu'ils faisaient quand ils étaient jeunes qui ont changé. C'est quelque chose qu'on devrait plus faire plus parce que c'est vraiment important.

Mathieu

« L'Écho d'un Peuple » est une merveilleuse chose pour ça parce que ça nous démontre comment nos ancêtres ont cheminé à travers la francophonie, à travers la construction identitaire des francophones. Donc, ça vient toucher chaque personne individuellement parce que tu peux genre retracer ce que tes ancêtres ont vécu. J'pense à Carine Bélanger qui est dans l'Écho d'un Peuple et que son arrière-arrière-grand-mère était Azilda Bélanger qui a fondé la ville d'Azilda. Carine Bélanger joue son arrière-arrière-grand-mère dans la pièce. Donc ça, je pense, ça vient chercher pas seulement Carine mais tout le monde. Puis, c'est comme « Wow! On a tellement cheminé qu'on est rendu là! » Je pense que c'est vraiment spécial.

Carine

Je suis dans « l' Écho d'un peuple » puis je joue le rôle de mon arrière-arrière-arrière-grand-mère Azilda Bélanger. J'suis allée voir « l'Écho d'un peuple » quand j'étais en 8e année puis ils ont parlé d'Azilda Bélanger mais je ne savais pas que c'était mon arrière-arrière- grand-mère. Alors, là, le fait que je joue son rôle, puis j'apprends à propos d'elle, puis de sa vie, comment elle a vécu, ce qu'elle a fait, ça me fait chaud au cœur parce que j'apprends c'est comme une partie de moi que je savais pis j'apprends à découvrir. J'aime ça.

Carine

Puis le fait que du côté de mon père ce soit pas aussi important, j'comprends un peu ça parce que je sais avant comment c'était être Amérindien puis comment ça voulait rester caché un petit peu plus parce que tu voulais plus être catholique et français. Alors, je sais ça vient de ça. Puis, mon grand-père aussi était pas en état de me raconter son passé quand je lui ai demandé. Alors, même si lui ne s'en souvient pas, je sais que c'est important. Je sais comment je me sens face à ça.