Webémissions : Pour l'avenir de la francophonie ontarienne

1er Principe – La construction identitaire est une démarche personnelle résultant d'un choix libre et réfléchi

Transcription

Durée : 6:33

Intervenant Audio

Zoé

La culture, c'est tellement important. Des fois, c'est pas tellement, c'est pas vraiment visible. Comme on avait une journée, à l'école, multiculturelle; on devait s'habiller dans un costume de sa propre culture. Et comme j'ai de la famille écossaise j'ai porté un habit traditionnel écossais. Mais j'avais beaucoup d'amis … comment on peut représenter la culture franco-ontarienne en habit. Et ils ne savaient pas parce que notre culture c'est tellement subtil. C'est là mais c'est subtil. Alors il y avait un en jersey des Canadiens de Montréal… il y en a quelques uns qui sont venus comme bûcherons. On s'est amusé avec ça. Mais vraiment, ça a amené une question   C'est quoi notre image?  Est-ce qu'on en a vraiment un?  Est-ce que ça veut dire qu'on n'a pas de culture? Non. C'est subtil.

Alexandra

Je pense que c'est très important d'avoir une culture parce que ça te donne une identité à laquelle tu peux t'associer. Ça te donne la chance de savoir qui tu es et de savoir peut-être où tu veux aller dans la vie.

Tina

Ma mère me dit ça tout le temps. Elle me dit que si tu n'as pas de culture, tu es comme une personne perdue dans l'univers. Alors, moi je pense que tu dois appartenir d'une façon ou d'une autre, tu dois appartenir à quelque part, à une région, à une société. Et moi, j'appartiens à une communauté francophone et je suis vraiment fière de ça

Zoé

La culture  fait partie d'une personne. T'as ta culture et c'est une partie de qui tu es et quand tu perds cette partie, t'es comme demie d'une personne. Comme moi, j'ai une culture franco-ontarienne et anglophone et si je perdais ma culture franco-ontarienne, je serais moitié d'une personne.

Chamberline

Quand je vois ce drapeau, ça me fait vraiment chaud au cœur parce que je me dis quelque part, malgré que c'est un pays dominé par l'Anglais, les Français sont pas oubliés. Mais je me heurte aussi à un mur parce que c'est un drapeau des gens d'origines qui ont pour souche, l'Ontario. Donc, je ne sais pas; je pourrais dire que je m'associe à ce drapeau plus avec le français mais je crois pas que nous, juste parce qu'on parle le français, on mérite vraiment de s'associer à ce drapeau parce que c'est l'histoire. C'est vraiment les gens qui se sont battus pour ça à qui on doit ce drapeau.

Francabelle

Souvent, quand tu passes et que tu entends des gens parler français, t'es comme :

« Oh! Bonjour! Je parle français moi aussi.»

« Oh! en Ontario, tu parles français? »

« Ben, j'suis là! »

Nicolette

Ça fait comme une joie…

Bénédicte

Oui. Et il y a d'autres caissières qui te regardent : « Tu parles français? »  Quand il y a un appel en français, on t'appelle : « Bénédicte! » Je suis là : « Oui, je parle français! »  Ça fait du bien.

Francabelle

Je trouve qu'il y a tellement une joie lorsqu'on trouve quelqu'un qui marche dans la rue et qui parle français. « Oh! Tu parles français? Je parle français, aussi »  C'est tellement une joie qu'on s'appelle même, comment dire, entre nous, on s'appelle des « Frenchies »

Cécile

Moi, je trouve aussi que le français, c'est trop vu comme une discipline à l'école comme « Ah! parle français! » Ils te chicanent pour parler français. Ça devrait pas être tellement forcé. C'est peut-être justement pour ça que les gens le font pas.

Comme souvent dans les classes « O.k. tu vas lire parce que t'as pas faite ça, t'as pas fait ton devoir. Fait que c'est toi qui vas lire en français.» Moi, ça me dérange pas lire en français. C'est pas quelque chose qui devrait être vu comme une punition.

Camille

 « Parle français, parle français! » À un certain temps, c'est l'instinct c'est de rebeller, dire non  « Dis-moi pas quoi faire.»

Marc-André

Il faudrait pas que ce soit négatif. La discipline devrait être pas  négative mais positive, avec des choses comme de l'implication, puis ça, c'est plus positif, genre du théâtre. Puis, quand c'est négatif  « Fait pas ça! » Là, c'est poche, comme. Ça fait juste, tu perds la langue. Puis, c'est pas ça parler en français. C'est pas une obligation.

Camille

C'est pas une « job » de le faire. C'est juste quelque chose que tu veux faire.

Alexandre

Je pense qu'on est avant tout, citoyen du monde. Moi, je pense comme ça. Je pense que … Parfois on a tendance à trop s'attacher à une certaine culture et ça ne nous permet pas de dire de toute façon nous sommes tous humains. Nous sommes tous confrères. Nous sommes tous là pour …Nous habitons tous sur la même planète.

Donc, si on est capable de vivre en harmonie avec nos différentes langues et nos différentes cultures que ça soit. … qu'on s'unisse tous comme ça sous la mantra : « Nous sommes maîtres du monde ». Je pense que c'est peut-être ça ma culture.

Marc-André

J'apprécie vraiment que comme franco-ontarien on a pu survivre longtemps. Ça doit vouloir dire qu'on a fait quelque chose de bien en quelque part. Puis, toute la façon de survivre, l'adaptabilité, c'est vrai que c'est vraiment l'fun de voir …  On existe encore, c'est positif!

Maël

Mes parents sont des Québécois puis ils ont déménagé ici pour « pogner » des emplois. Alors, moi, j'étais pas Québécois comme mes parents, j'étais Ontarien. Je trouvais important d'être franco-ontarien  pour ressembler un petit peu à mes parents et en même temps, créer ma propre identité. Donc, c'est pour ça que je trouve la francophonie tellement importante pour moi.

Nathalie

Je suis ministre culturelle dans mon école et on essaie de faire des activités pour promouvoir la langue et certaines choses, des activités comme ça. Mais, c'est difficile parce qu'on a un gros manque de participation dans l'école. Et il y a beaucoup de gens qui sont indifférents à leur culture franco-ontarienne. Ils ne savent pas c'est quoi et quoi faire avec. Ils ne savent pas; ils n'ont aucune identité. Ils savent où ils se trouvent. Ils sont pris comme entre deux cultures; la culture majoritaire anglophone et la culture francophone. Ils ne savent pas où ils se trouvent.