Politique/Programmes Note n° 135


Date d'émission : Le 20 octobre 2004
En vigueur : Jusqu'à abrogation ou modification
Objet : DES BOISSONS ET DES ALIMENTS SAINS DANS LES DISTRIBUTEURS AUTOMATIQUES DES ÉCOLES ÉLÉMENTAIRES
À l'attention des : Directrices et directeurs de l'éducation
Surintendantes et surintendants et secrétaires-trésorières et
secrétaires-trésoriers des administrations scolaires
Directrices et directeurs des écoles élémentaires

Introduction

Le gouvernement de l'Ontario s'engage à soutenir un milieu scolaire sain. Une bonne alimentation est essentielle à la croissance et au développement des enfants et a probablement une incidence bénéfique sur leur faculté d'apprentissage. Une bonne alimentation joue également un rôle important dans la prévention de l'obésité et de maladies chroniques comme les maladies cardiaques, le diabète et le cancer.

Le but de la présente note est d'établir des normes claires, qui sont recommandées aux conseils scolaires1, relativement à la vente de boissons et d'aliments dans les distributeurs automatiques situés dans leurs écoles élémentaires2; ces normes ont été établies à la suite de communications demandant des directives. Il est dans l'intérêt des enfants de l'Ontario qu'on les encourage à choisir les boissons et les aliments nécessaires à une bonne croissance et à acquérir de bonnes habitudes alimentaires qu'ils pourront conserver tout au long de leur vie. Les conseils scolaires devraient s'assurer que les boissons et les aliments en vente dans leurs écoles élémentaires sont sains et nutritifs.

Rôle des conseils scolaires relativement aux boissons et aux aliments en vente dans les distributeurs automatiques

À compter d'aujourd'hui, les conseils scolaires devraient faire en sorte que les boissons et les aliments vendus dans les distributeurs automatiques des écoles élémentaires soient sains et nutritifs, conformément aux normes recommandées qui sont énoncées dans la présente note. Les conseils scolaires devraient s'entendre avec les fournisseurs pour les distributeurs automatiques afin de respecter, dès que possible, les normes recommandées pour les écoles élémentaires. Seuls les boissons et les aliments qui contribuent à une bonne alimentation devraient être offerts dans les distributeurs automatiques des écoles. Les conseils scolaires devraient revoir tous les contrats actuels qui ont été conclus avec les fournisseurs pour les distributeurs automatiques et ils devraient s'assurer que tous les contrats qu'ils concluront à l'avenir avec les fournisseurs pour les distributeurs automatiques seront conformes aux dispositions de la présente note.

Rapports à fournir par les conseils scolaires

En vertu du paragraphe 27.1 de l'alinéa 8(1) de la Loi sur l'éducation, les conseils scolaires sont tenus de rendre compte, au bureau de district du ministère de l'Éducation, des progrès réalisés en ce qui concerne la conformité aux normes recommandées pour les boissons et les aliments vendus dans les distributeurs automatiques situés dans leurs écoles élémentaires.

Le formulaire qui devra être utilisé à cet égard sera distribué sous peu aux conseils scolaires par l'intermédiaire de leur bureau de district.

Les conseils scolaires devront soumettre leur rapport dûment rempli au ministère par l'entremise de leur bureau de district d'ici le 14 janvier 2005. Ils doivent également mettre leur rapport à la disposition de la communauté scolaire par l'entremise des conseils d'école et l'afficher sur leur site Web (le site auquel a accès le public).

Raison d'être des normes recommandées concernant les boissons et les aliments

L'établissement de normes pour les boissons et les aliments vendus dans les distributeurs automatiques des écoles élémentaires constitue une première étape importante pour favoriser des communautés scolaires saines. Cela contribuera à faire en sorte que des choix de boissons et d'aliments sains soient offerts aux élèves de l'Ontario et renforcera les messages qui leur sont communiqués dans Le curriculum de l'Ontario, de la 1re à la 8e année – Éducation physique et santé, 1998.

Étant donné le temps que les enfants passent à l'école, le milieu scolaire peut avoir une profonde influence sur leurs attitudes, leurs préférences et leurs comportements. L'école joue un rôle déterminant, car elle aide les élèves à apprendre les éléments d'une bonne alimentation et à acquérir de bonnes habitudes alimentaires, et elle leur donne la possibilité de choisir une gamme variée de boissons et d'aliments sains. Puisque « des enfants […] bien nourris sont plus susceptibles de bien apprendre, d'être actifs et de devenir des adultes en santé3 », on devrait encourager les enfants à acquérir de bonnes habitudes alimentaires non seulement parce que cela peut influer sur leur rendement scolaire, mais aussi parce que cela peut les aider à conserver un mode de vie sain à l'âge adulte.

Dans un rapport rédigé dernièrement par Les diététistes du Canada pour le ministère (lequel est joint à la présente note), on exprime des inquiétudes, cependant, sur la tendance à adopter de mauvaises habitudes alimentaires. Ce rapport s'appuie sur diverses études des habitudes alimentaires des enfants. On y souligne, par exemple, que les mauvaises habitudes alimentaires de plusieurs enfants (p. ex., trop manger ou manger des aliments inadéquats sur le plan nutritif) ont causé une augmentation de l'obésité et du diabète de type 2 chez les enfants et que l'inactivité physique combinée à de mauvaises habitudes alimentaires avant l'adolescence a provoqué une augmentation spectaculaire de l'obésité chez les enfants au Canada au cours des vingt dernières années4. On s'inquiète aussi dans ce rapport du fait que de mauvaises habitudes alimentaires dans l'enfance se poursuivront probablement à l'âge adulte, ce qui accroît le risque de maladies graves comme le cancer et les maladies cardiovasculaires. Une étude menée par la Fondation des maladies du cœur du Canada indique que plusieurs enfants entre neuf et douze ans ont déjà acquis des habitudes de vie qui pourraient accroître leur risque de développer une maladie cardiovasculaire à l'âge adulte, et cela dès la trentaine5. Les recherches indiquent aussi que, puisque plusieurs enfants ont une alimentation qui n'est pas équilibrée ou adéquate, ils consomment des quantités limitées de plusieurs des aliments recommandés dans les quatre groupes alimentaires du Guide alimentaire canadien pour manger sainement. En général, les enfants des écoles élémentaires consomment moins de fruits, de légumes et de produits laitiers qu'il ne le faudrait.

On a établi que la disponibilité de boissons et d'aliments à teneur élevée en gras ou très sucrés (p. ex., croustilles, tablettes de chocolat, bonbons, boissons gazeuses) constitue un obstacle majeur à la promotion de bonnes habitudes alimentaires chez les enfants d'âge scolaire. Les élèves qui ne mangent pas au petit-déjeuner et/ou qui n'apportent pas de nourriture à l'école peuvent acheter de la nourriture des distributeurs automatiques. Selon les conclusions du rapport des diététistes du Canada, lorsque des aliments inadéquats sur le plan nutritif sont offerts et favorisés dans les écoles chaque jour, il devient de plus en plus difficile pour les élèves d'avoir une bonne alimentation, même si des aliments plus sains sont aussi offerts à l'école. Les études menées révèlent qu'il est plus efficace d'offrir uniquement des boissons et des aliments sains, de sorte que les élèves n'aient pas à choisir entre des boissons et des aliments nutritifs et des boissons et des aliments inadéquats sur le plan nutritif.

Comme les recherches le suggèrent, ces conclusions ont des implications pour la santé et le bien-être des enfants de l'Ontario. Les écoles élémentaires ont un rôle important à jouer en aidant les élèves à mener une vie saine.

Normes recommandées pour les boissons et les aliments

Les diététistes du Canada ont examiné le contenu nutritif des boissons et des aliments qui sont vendus actuellement dans les distributeurs automatiques des écoles élémentaires de l'Ontario. Divers aliments et boissons sont actuellement en vente dans ces distributeurs. Les diététistes ont constaté que certains sont nutritifs (ils sont donc recommandés pour les élèves des écoles élémentaires) et que d'autres ne le sont pas.

Parmi les boissons actuellement offertes dans les distributeurs automatiques des écoles élémentaires, on recommande le lait à teneur réduite en gras ou le lait écrémé et les jus de fruits purs à 100 %. Ce sont des choix sains qui constituent de bonnes sources de nutriments essentiels. L'eau est également un choix recommandé. On ne considère pas les boissons gazeuses, les boissons fruitées et les boissons pour sportifs comme des choix sains.

En ce qui concerne les aliments actuellement offerts dans les distributeurs automatiques des écoles élémentaires, on considère que les fruits et les fruits en coupe constituent des choix sains et nutritifs. Les croustilles, les tablettes de chocolat, les bonbons, les gâteaux, les beignes et les pâtisseries ne sont pas recommandés, car ils n'ont pas de valeur nutritive ou ont une teneur élevée en calories. Des aliments comme les tablettes granola, les craquelins, les biscuits, le maïs soufflé et les bretzels peuvent être appropriés si leur valeur nutritive et leurs ingrédients sont adéquats. En raison du risque que posent les allergies mettant en danger la vie, il est fortement recommandé que les aliments contenant des arachides ou d'autres noix ne soient pas offerts dans les écoles.

Pour de plus amples renseignements sur l'examen fait par Les diététistes du Canada des boissons et des aliments en vente dans les distributeurs automatiques des écoles élémentaires, veuillez consulter le second rapport qui accompagne la présente note6.

L'annexe 1 contient des tableaux qui présentent les normes recommandées pour les aliments et les boissons en vente dans les distributeurs automatiques des écoles élémentaires. Ces recommandations ont été rédigées à partir du deuxième rapport mentionné plus haut et sont conformes aux lignes directrices du Guide alimentaire canadien pour manger sainement.

L'annexe 2 fournit les critères utilisés par Les diététistes du Canada pour évaluer les boissons et les aliments. On recommande que les boissons et les aliments qui répondent à ces critères soient offerts dans les distributeurs automatiques des écoles élémentaires. On encourage fortement les conseils scolaires à utiliser ces critères pour sélectionner les boissons et les aliments en vente dans les distributeurs automatiques.

Annexe 1 : Normes recommandées concernant les aliments et les boissons en vente dans les distributeurs automatiques des écoles élémentaires

Annexe 2 : Critères d'évaluation de la valeur nutritive des aliments et des boissons

Graisses

  • faible teneur en gras – 3 g ou moins
  • faible teneur en graisses saturées – 2 g ou moins d'acides gras saturés et d'acides gras trans combinés, et 15 % ou moins de calories venant des acides gras saturés et des acides gras trans

Calcium

  • source de calcium – 5 % ou davantage de l'apport quotidien recommandé13 (55 mg ou plus de calcium)
  • bonne source de calcium – 15 % ou davantage de l'apport quotidien recommandé (165 mg ou plus de calcium)
  • excellente source de calcium – 25 % ou davantage de l'apport quotidien recommandé (275 mg ou plus de calcium)

Vitamines et minéraux

  • bonne source de vitamine C – 30 % ou davantage de l'apport quotidien recommandé (18 mg ou plus)
  • bonne source de vitamine A – 15 % ou davantage de l'apport quotidien recommandé (150 ÉR ou plus)
  • bonne source d'acide folique – 15 % ou davantage de l'apport quotidien recommandé (33 mcg ou plus)
  • source de vitamines du groupe B – 5 % ou davantage de l'apport quotidien recommandé de thiamine (0,07 mg ou plus), de riboflavine (0,08 mg ou plus), de niacine (1,15 ÉN ou plus), de vitamine B6 (0,09 mg ou plus)
  • excellente source de vitamine D – 25 % ou davantage de l'apport quotidien recommandé (1,25 mcg)
  • source de fer – 5 % ou davantage de l'apport quotidien recommandé (0,7 mg ou plus)

Fibres

  • source de fibres – 2 g ou davantage
  • bonne source de fibres – 4 g ou davantage

Sodium

  • 480 mg ou moins de sodium14

1. Dans la présente note, les termes conseil scolaire et conseil désignent les conseils scolaires de district et les administrations scolaires.

2. L'expression école élémentaire désigne les écoles financées par les fonds publics ayant des élèves de la maternelle à la 8e année.

3. Société ontarienne des professionnel(le)s de la nutrition en santé publique, Comité directeur du Groupe de travail sur la nutrition à l'école. Appel à l'action : Créer un milieu scolaire favorable à la saine nutrition, 2004, p. 1. Citation reproduite à la page 2 du document rédigé par Les diététistes du Canada qui s'intitule Recommandations concernant l'alimentation et la nutrition dans les écoles, à l'intention du ministère de l'Éducation de l'Ontario, au sujet des collations et boissons vendues dans les distributeurs automatiques, publié en 2004 à Toronto.

4. Les diététistes du Canada. Recommandations concernant l'alimentation et la nutrition dans les écoles, à l'intention du ministère de l'Éducation de l'Ontario, au sujet des collations et boissons vendues dans les distributeurs automatiques, p. 10-11.

5. Fondation des maladies du cœur du Canada. Bulletin de santé – Des problèmes en vue pour les préadolescents?, 2002. Sujet traité à la page 10 du document rédigé par Les diététistes du Canada qui s'intitule Recommandations concernant l'alimentation et la nutrition dans les écoles, à l'intention du ministère de l'Éducation de l'Ontario, au sujet des collations et boissons vendues dans les distributeurs automatiques.

6. Les diététistes du Canada. Recommandations concernant l'alimentation et la nutrition dans les écoles, à l'intention du ministère de l'Éducation de l'Ontario, Toronto, Les Diététistes, 2004.

7. Les critères sont fondés sur les allégations nutritionnelles inscrites dans le Guide d'étiquetage et de publicité sur les aliments, publié à Ottawa en 2003 par l'Agence canadienne d'inspection des aliments.

8. Les portions sont fondées sur les informations fournies dans le Guide alimentaire canadien pour manger sainement et sur les apports nutritionnels de référence du Guide d'étiquetage et de publicité sur les aliments publié par l'Agence canadienne d'inspection des aliments.

9. Lorsqu'une matière grasse insaturée est traitée ou hydrogénée, cela crée des graisses trans. Les graisses trans élèvent le mauvais cholestérol (les LDL) et réduit le bon cholestérol (les HDL). Plusieurs craquelins, biscuits et produits de boulangerie et pâtisseries vendus dans le commerce contiennent des graisses trans.

10. Les critères sont fondés sur les allégations nutritionnelles inscrites dans le Guide d'étiquetage et de publicité sur les aliments, publié à Ottawa en 2003 par l'Agence canadienne d'inspection des aliments.

11. Les rations sont fondées sur les informations fournies dans le Guide alimentaire canadien pour manger sainement et sur les apports nutritionnels de référence du Guide d'étiquetage et de publicité sur les aliments publié par l'Agence canadienne d'inspection des aliments.

12. Travaux publics et services gouvernementaux Canada. Guide alimentaire canadien pour manger sainement – Renseignements sur les enfants de six à douze ans, à l'intention des éducateurs et des communicateurs, Ottawa, Travaux publics et Services gouvernementaux Canada, 1997, p. 12.

13. L'apport quotidien recommandé a la même signification que « valeur quotidienne », que l'on retrouve souvent sur les étiquettes des aliments.

14. Cette recommandation est fondée sur les allégations en santé cardiovasculaire du Guide d'étiquetage et de publicité sur les aliments (2003) par l'Agence canadienne d'inspection des aliments. Voir le tableau 8-1, « Tableau sommaire des allégations relatives à la santé ».


Voir aussi :