Transcription : Allocution du premier ministre lors des Assises de l'éducation – 16 septembre 2010

Michael, je te remercie énormément de cette gentille présentation. Et merci également à vous deux, Michael Barber et Michael Fullan, pour deux choses, soit d'avoir présidé notre sommet sur l'éducation et du leadership dont vous avez fait preuve en nous aidant tous et toutes à en faire plus pour nos enfants.

Je crois que les deux Michael nous ont permis de mieux comprendre la logique qui est derrière ce sommet.

Michael a fait référence à la grande famille dans laquelle j'ai grandi et je crois, tout comme vous le croyez, que certaines des plus importantes de la vie nous ont été transmises à la maison alors que nous grandissions. Je vous demande de vous imaginer l'heure du dîner au sein de la famille McGuinty : cinq enfants d'un côté de la table et cinq de l'autre, mon père à l'une des extrémités et ma sainte mère, quand elle avait le temps de s'asseoir, à l'autre bout de la table.

Mon père était un homme impressionnant pour nous ses enfants. Il mesurait 6 pieds et 4 pouces. Il pesait 240 livres et il était professeur à l'université. De temps à autre, il lui arrivait de prendre la parole à la table et, en nous regardant droit dans les yeux, il nous servait une de ses meilleurs harangues : « Mes enfants, rappelez-vous que personne n'est aussi fort que nous tous ensemble et que personne n'est aussi intelligent que nous tous ensemble ».

Et c'est pourquoi nous nous sommes réunis. Je crois que nous comprenons tous fondamentalement que la chose la plus importante que nous pouvons faire pour améliorer cette magnifique activité qu'est l'éducation est de trouver ou de créer des possibilités de nous rassembler pour de partager et trouver des façons de progresser. Je vous remercie donc tous et toutes d'être ici.

J'aimerais aussi remercier toutes nos conférencières et tous nos conférenciers, qui ont partagé leur temps, leur talent et leur expérience. Enfin, j'aimerais vous remercier toutes et tous, Mesdames et Messieurs, d'avoir participé à notre sommet. Merci d'être venus ici, de telle sorte que nous puissions ensemble nous attaquer à une réforme du réseau dans son ensemble.

Avant de commencer, j'aimerais faire un autre commentaire. Michael a fait référence au fait qu'une fois que vous avez la bonne politique, et cela représente toute une somme de travail, cela ne fait que commencer. Étant donné que je reviens tout juste d'un voyage en canoë dans le Nord de l'Ontario, cela me rappelle une histoire. Il s'agit d'une tradition familiale avec mes trois fils. Mon épouse et ma fille ne nous accompagnent pas parce que nous refusons d'emporter avec nous la baignoire et le réservoir d'eau chaude.

Nous sommes donc tombés sur un orignal. Je n'étais jamais allé à la chasse à l'orignal mais on m'a dit que la chasse à l'orignal se faisait de la façon suivante. Tout d'abord, en Ontario, il vous faut présenter une demande de permis, une vignette de validation pour la chasse à l'orignal. Une fois que vous obtenez cette vignette, il vous fait alors vous procurer l'équipement nécessaire. Puis il vous fait charger votre voiture. Puis vous devez vous rendre dans la nature où il vous faudra décharger votre équipement de la voiture. Puis vous devrez traîner le tout dans les bois. Puis vous devrez vous asseoir là pour attendre qu'un orignal arrive. Après une journée, ou deux, ou trois ou même quatre, il se peut qu'un orignal se pointe. Vous devez alors l'abattre. Une fois que cela est fait, c'est à ce moment que commence le travail. Cela ressemble un peu au travail d'élaboration d'une politique. Après l'élaboration d'une politique, c'est à ce moment que commence le travail.

Après mon allocution, j'aurais aimé rester avec vous ce matin pour répondre à vos questions mais, aujourd'hui, c'est la reprise de travaux à l'Assemblée législative pour la session d'automne. Donc, dans quelques minutes, je répondrai aux questions des partis de l'opposition. Mais, croyez-moi, je préférerais plutôt répondre à vos questions.

Avec la rentrée scolaire, nous vivons tous une période fort occupée. Mon épouse Terri, comme l'a mentionné Michael, est enseignante. Alors je comprends à quel point ce temps de l'année peut être intéressant et inspirant. Les enfants ont refait leur force au cours de l'été. Ils sont pleins d'énergie pour l'année qui s'en vient et ils ont appris de nouvelles choses qu'ils veulent partager. Cela me rappelle une autre histoire.

C'était la première journée d'école en première année. L'enseignante posa la question suivante à la classe. « J'ai deux lapins. Si j'ajoute deux autres lapins, combien ai-je maintenant de lapins? » Un petit garçon fit la réponse suivante : « Cela fait neuf lapins. » Gentiment l'enseignante lui répondit : « Je suis désolée mais je ne suis pas certaine que tu as bien compris la question. » Ce à quoi le petit garçon répliqua : « En réalité, c'est moi qui pense que vous ne comprenez pas grand chose aux lapins. »

[Rire]

Cela vous montre seulement à quel point les enfants ont bien des choses à nous apprendre. Et, bien sûr, nous avons bien des choses à apprendre les uns des autres.

Je suis fier de dire que les Ontariennes et Ontariens ont un long passé de collaboration internationale en matière d'éducation. Cela remonte à cet homme qui est considéré comme le père de l'éducation publique en Ontario, soit Egerton Ryerson. En 1844 et 1845, lorsqu'il préparait ses propositions pour établir un réseau d'écoles publiques en Ontario, il s'est rendu dans plus de 20 pays pour y étudier leur réseau, pour savoir ce qui se faisait de mieux afin de le mettre en œuvre ici en Ontario. Ainsi, 166 années plus tard, nous sommes heureux de rendre la pareille en créant cette occasion de partager ce que nous avons appris à propos de cette réforme générale du réseau.

Mais, avant que je ne commence, permettez de vous faire une mise en garde. Je souhaite que notre expérience en Ontario vous soit utile mais je crois aussi qu'il ne faut pas essayer de tirer trop de leçons de l'expérience acquise par quelqu'un d'autre.

Et tout comme nous avons modifié l'expérience internationale d'autrui pour correspondre à nos besoins, je crois que vous devriez faire de même. Le meilleur projet de réforme en éducation est celui que vous préparez en tenant compte de vos besoins.

Maintenant, laissez-moi vous raconter un peu l'histoire récente de l'Ontario en matière d'éducation. Lorsque nous avons formé le gouvernement il y a sept ans, nos écoles avaient souffert de négligence. Elles offraient un piètre rendement et le moral des troupes était au plus bas. Des litiges syndicaux et des grèves étaient à l'ordre du jour. Les parents avaient perdu confiance dans notre réseau scolaire. Un nombre record d'élèves s'étaient inscrits dans les écoles privées. Seulement 54 pour cent des élèves répondaient aux normes provinciales en littéracie et en numéracie et seulement 68 pour cent des élèves obtenaient un diplôme d'études secondaires. Et ces chiffres s'amélioraient à peine. Les enseignants qui le pouvaient prenaient une retraite anticipée. D'autres ont quitté l'Ontario pour aller enseigner ailleurs.

En 2003, nous avons obtenu le privilège d'être au service des Ontariennes et Ontariens en tant que gouvernement. Nous avons fait campagne avec un plan visant à faire progresser nos écoles. Nous avons promis la paix, la stabilité, le respect, des classes avec moins d'élèves, de meilleurs résultats scolaires et des taux plus élevés d'obtention de diplôme.

Aujourd'hui, sept ans plus tard, nous n'avons pas perdu une seule journée d'enseignement en raison d'une grève des enseignants. L'optimisme, la confiance et le respect sont de retour dans nos écoles. Au cours des premières années, nous avons des classes avec moins d'élèves. Il y a un plafond de 23 élèves par classe et 90 pour cent de nos classes ont 20 élèves et moins. Nous avons financé plus de 11 000 postes d'enseignants additionnels et nous leur avons offert une meilleure formation. Nous offrons à nos enfants une expérience plus enrichissante en matière d'éducation. Il y a plus d'enseignants spécialisés en éducation physique, en musique et en art. Et nous avons effectué des investissements massifs dans les projets d'établissements scolaires.

Plus important, nous obtenons des résultats : nos résultats scolaires sont en hausse de 14 points de pourcentage. Et maintenant, 68 pour cent de nos élèves répondent à la norme ontarienne qui est un B ou 70 pour cent. Notre taux de remise de diplôme est en hausse de 11 points de pourcentage. Maintenant, 79 pour cent de nos jeunes obtiennent un diplôme d'études secondaires. Notre rang dans le PISA nous place parmi les cinq meilleurs à l'échelle internationale en science et en lecture.

Sommes-nous ravis de nos progrès? Je ne vous le fais pas dire. Nous avons travaillé fort pour faire progresser chaque élève de toutes les couches de la société. Et avec près de 4 étudiants de l'Ontario sur 10 qui sont des immigrants, cela veut dire bien des efforts.

Maintenant, sommes-nous satisfaits avec nos progrès? Il s'agit d'une autre question. Hé bien, cela m'a ramené à la mémoire cette voiture belge qui avait brisé le record mondial de la vitesse sur la terre lorsqu'elle avait atteint 100 kilomètres à l'heure. Le nom de cette voiture était La Jamais Contente!

Je crois que nous pouvons tous être fiers des progrès que nous faisons dans nos écoles mais je ne crois pas que nous devrions être totalement satisfaits parce qu'il reste toujours quelque chose à faire ou à apprendre.

Et je crois qu'il pourrait être utile si je partageais simplement un peu de ce que j'ai appris au fil du temps en tant que praticien et, bien sûr, pas en tant qu'expert. Voici donc les huit leçons que j'ai apprises à propos des progrès que nous avons faits dans nos écoles.

Première leçon : ce qui nous motive à faire des progrès dans nos écoles ne doit pas être une simple passade. Cela doit être une priorité soutenue du gouvernement à laquelle on alloue des ressources et que l'on dote d'un plan intelligent.

Les enseignants et enseignantes de même que les directeurs et directrices d'école peuvent détecter à des milliers de kilomètres une simple passade et ils la laisseront passer. Les gens ont besoin de savoir que vos réformes sont réelles, qu'elles transcendent la politique, qu'elles sont permanentes et qu'elles sont irrésistibles.

Deuxième leçon : une réforme de l'éducation n'est pas importante pour un gouvernement que si la direction de ce gouvernement l'endosse d'une manière personnelle et que cela est assorti de mesures concrètes.

En tant que premier ministre, je suis personnellement responsable d'encourager de meilleurs résultats académiques. Voici quelques-unes des choses que je fais. Tous les deux mois, je convoque mon équipe des résultats dans le domaine de l'éducation. Dans ce groupe, on compte ma ministre de l'Éducation, Leona Dombrowsky, notre sous-ministre, Kevin Costante, mon conseiller spécial, Michael Fullan, et quelques autres personnes.

Mon équipe me fait part des progrès que nous faisons ensemble ou du manque de progrès, et de la façon dont nous pouvons accélérer ces progrès. La réunion prend fin avec moi qui donne des orientations sur la façon dont le gouvernement devrait progresser. Ce qui s'est dit à la réunion est rendu public. J'encourage cela. Je tiens à ce que tous nos partenaires sachent que l'éducation n'est pas une simple priorité du gouvernement, c'est aussi ma priorité à moi.

Je visite régulièrement les écoles de l'Ontario, où je pose ma question préférée aux directrices et directeurs, aux enseignantes et enseignants : « Que pouvons-nous faire, tout en travaillant ensemble, pour obtenir des résultats encore meilleurs? » En bref, je crois que le chef du gouvernement a besoin d'un contact régulier avec les directeurs, les enseignants, les parents, les élèves et les autres partenaires en éducation. Cela nous maintient dans le cercle de la connaissance. Cela nous donne de l'énergie et témoigne de notre engagement personnel.

Troisième leçon : il importe peu combien d'argent nous investissons et il importe peu à quel point nous voulons des changements car vous n'obtiendrez pas de résultats à moins d'obtenir la participation des enseignants à l'amélioration de l'éducation.

Nous avons travaillé fort à établir une relation de travail positive avec nos enseignants.

Nous ne donnons pas dans la rhétorique inflammatoire. Nous n'utilisons pas nos enseignants comme un sac d'entraînement pour la boxe. Les chicanes sur la place publique minent la confiance de la population.

L'élaboration et la mise en œuvre de politique se font par un dialogue avec nos partenaires en éducation. Nous ne sommes pas toujours d'accord mais cela me rappelle un des meilleurs conseils en politique que je n'ai jamais reçu. Il me vient de ma mère qui, le jour de mon mariage, m'a dit : « Peu importe ce qui arrive, continue de parler ». Ainsi, en Ontario, on continue de parler à nos enseignants. Je leur ai clairement dit de même qu'à tous nos partenaires en éducation que notre recherche de ce qu'il y a de meilleur serait continuelle. Et qu'il n'y a pas de place pour se cacher. Je sais que les enseignants sentent la pression en raison de la publication des taux de remise de diplôme et des résultats scolaires. Je suis d'accord avec cela. Je sens également des pressions pour continuer à faire des améliorations.

La transparence et l'imputabilité sont à l'ordre du jour. C'est comme cela que cela doit se passer dans une société ouverte. Et, en fait, nous obtenons de bons résultats en Ontario parce que nos enseignants travaillent bien. Et pour mieux souligner ce bon travail, j'ai mis sur pied les prix du premier ministre pour l'excellence en enseignement.

Quatrième leçon : pour réussir, il nous faut bâtir de la capacité. Vous devez faire des changements pour devenir plus fort. Il vous faut trouver les bonnes personnes de la bonne façon pour qu'ensemble, vous en arriviez à connaître le succès.

En Ontario, nous avons commencé en mettant sur pied le Secrétariat de la littératie et de la numératie qui est le nouvel outil du gouvernement. Ce Secrétariat est conçu pour obtenir de meilleurs résultats en lecture, écriture et mathématiques grâce à un meilleur enseignement.

Notre Secrétariat a commencé son travail en offrant une formation en littératie et en numératie à nos enseignants au cours de l'été. Plus de 25 000 enseignants ont tiré profit de cette formation volontaire. Puis nous avons offert une formation additionnelle aux enseignants qui veulent servir d'entraîneur dans leur école pour ainsi aider les autres enseignants. Puis nous avons étoffé le tout.

Nous avons mis sur pied le Partenariat d'interventions ciblées de l'Ontario. Cela aide les écoles en difficultés à obtenir des ressources additionnelles de même qu'à soutenir leur enseignement et leur formation professionnelle. Nous avons notamment envoyé des enseignants avec une formation spécialisée dans des écoles en difficultés pour leur venir en aide.

Puis nous avons développé un programme d'insertion professionnelle et de mentorat à l'intention des nouveaux enseignants. Nous avons ensuite amélioré la formation que nous offrons aux directeurs d'école parce que de meilleurs directeurs améliorent l'enseignement de leur école. Puis nous nous sommes préoccupés de nos districts scolaires en leur accordant du soutien additionnel dans l'élaboration de leurs plans d'amélioration des résultats scolaires. Il s'agit de plans que nous avons rendus obligatoires dans tous nos districts scolaires.

Nous disposons littéralement de dizaines de stratégies, que nous déployons pour obtenir des résultats. Les districts et les écoles font tout le temps de l'innovation. Nous les soutenons pour qu'ils en fassent plus et pour qu'ils transmettent leurs bonnes idées aux autres écoles.

Vous ne pouvez jamais en faire trop pour améliorer l'enseignement mais vous pouvez facilement ne pas en faire assez.

Cinquième leçon : attaquez-vous à quelques priorités seulement et faites-le sans relâche. Nous avons choisi le nombre d'élèves dans les classes, les résultats aux examens et les taux de remise de diplôme. Ce programme me sert de boussole en éducation. Je l'emporte avec moi, peu importe où je vais.

Mais, avec le temps, plusieurs de vos alliés de la réforme en éducation deviendront blasés ou perdront l'intérêt. Quelquefois, les progrès surviennent lentement. Cela prend de la discipline pour demeurer déterminé. Vous devez reconnaître les sources de distractions et les éliminer.

Nous avons adopté une loi obligeant les jeunes à fréquenter l'école jusqu'à 18 ans. Puis nous avons pris une mesure additionnelle en proposant de refuser le permis de conduire aux élèves qui sont des décrocheurs. Cette discussion nous amené à aborder le sujet du droit des jeunes à conduire et non à l'éducation. Cela est devenu une distraction. Nous l'avons donc laissé tomber.

Lorsque vous le pouvez, éliminez les sujets de distraction. Nous avons réglé les plaintes à propos du nombre d'élèves en réduisant le nombre d'élèves par classe. Nous avons éliminé les conflits de travail en concluant des ententes de travail de quatre ans jamais vues avec nos enseignants. Nous avons réglé les problèmes des écoles en ruine en investissant fortement dans la réparation et la rénovation des écoles.

C'est en éliminant tous ces problèmes que notre réel programme est devenu le seul. Il est devenu inévitable.

Sixième leçon : une fois que vous avez commencé à faire des progrès, vous avez le droit désormais de faire plus d'investissements. Personne n'aime investir dans un échec mais c'est bien différent quand il s'agit d'investir dans le succès.

Depuis 2003, nous avons augmenté notre budget de l'éducation de 6 milliards de dollars ou de 40 pour cent. Et en plus, tout ce nouveau financement n'est pas allé strictement allé à l'amélioration des résultats scolaires et des taux de remise de diplôme. Les progrès que nous avons obtenus dans ces domaines nous ont permis d'enrichir la situation générale de l'éducation en Ontario.

Par exemple, nous avons alloué des fonds pour plus de 3 700 postes de spécialiste au niveau élémentaire en musique, en art et en éducation physique. Il s'agit des programmes qui sont souvent les premiers à être éliminés. Et nous avons investi dans des écoles plus sécuritaires et plus saines, sachant que l'apprentissage est bien plus difficile si vous n'êtes pas en santé ou si vous ne vous sentez pas en sécurité. Ainsi, de nos jours, nos écoles disposent d'équipes d'action pour la sécurité dans les écoles, l'intimidation est traitée comme une infraction grave et la pratique quotidienne de 20 minutes d'exercice est obligatoire dans les écoles élémentaires.

Ces types d'investissement nous ont permis de ranger à notre cause certains des sceptiques qui croyaient au départ que nos réformes académiques étaient trop spartiates, trop utilitaires et trop politiques.

Septième leçon : vous n'avez jamais fini. Vous n'avez jamais fini d'apprendre sur la façon de mieux faire les choses et vous n'avez jamais fini d'appliquer ces leçons.

Par exemple, nous avons beaucoup appris à propos de l'importance de mieux préparer nos plus jeunes apprenants de la première année et comment cette préparation est un indicateur prévisionnel puissant sur la capacité d'un enfant à réussir à l'école et, plus tard, dans la vie. Ainsi, la semaine dernière, nous avons mis en œuvre notre mesure suivante visant à offrir une meilleure éducation en Ontario. Nous avons présenté l'apprentissage à temps plein pour nos enfants de 4 et 5 ans.

Vous savez, les enfants qui fréquentent la maternelle aujourd'hui termineront leurs études postsecondaires aux alentours de 2030. C'est dans 20 ans. Nous ne savons pas ce à quoi le monde ressemblera dans cinq ans, alors imaginez-vous dans 20 ans.

Il y a cinq ans, la plupart de nous n'avait jamais entendu parler de Facebook. De nos jours, un demi-milliard de personnes en font usage. Il y a cinq ans, YouTube faisait ses débuts. Hé bien, au cours des deux derniers mois, plus de vidéos ont été téléchargés dans YouTube que l'ensemble de tous les programmes combinés de télévision de ABC, NBC et de CBS depuis 1948.

Le rythme des changements est essoufflant et va en s'accélérant. Je dis à mes enfants que d'être premier ministre depuis huit ans n'est pas très long. Ils me répondent que cela correspond à 24 générations de iPod.

Il est vrai de dire qu'en 2010, on ne peut enseigner à nos enfants tout ce dont ils auront besoin de savoir en 2030. Mais nous devrions garder à la mémoire cette phrase pleine de sagesse que ce qui importe vraiment c'est d'alimenter le désir de connaître d'un enfant.

Mes amis, nous devons enseigner à nos enfants que leur travail d'apprenant ne sera jamais terminé. Et vous et moi devons comprendre que notre travail en tant que réformateurs de l'éducation ne sera jamais fini. Il y aura encore bien plus pour nous à apprendre, bien plus pour nous à accomplir.

Huitième leçon : le meilleur moyen de maintenir vos efforts pour améliorer vos écoles est de maintenir une motivation personnelle. Le fait qu'il s'agisse seulement d'une bonne politique publique ne serait peut-être pas suffisant pour entretenir une motivation à longue échéance.

Voici pourquoi je suis tellement dévoué à faire ce qu'il y a de meilleur dans les écoles de l'Ontario. Du côté de mon père, sa mère s'est mariée à 16 ans à un homme de 32 ans. Tous deux avaient une 8e année.

Ils ont eu six enfants. Mon père était le plus jeune. Ma grand-mère dirigeait une maison de chambres et pension. Mon grand-père était surveillant de nuit.

Du côté de ma mère, son père est parti alors qu'elle était encore très jeune. Il n'est jamais revenu. Ainsi sa mère, laissée toute seule avec cinq petites filles, gagna sa vie en nettoyant les maisons des autres.

Deux générations plus tard, j'ai le privilège d'être au service de 13 millions d'Ontariennes et Ontariens à titre de premier ministre. Ceci décrit bien le pouvoir de l'éducation, qui permet à tous de progresser.

Les McGuinty se sont installés dans la vallée de l'Outaouais en tant qu'immigrants d'Irlande. Ils faisaient partie de l'exode qui a fait suite à la famine de 1840. Mon père était le premier de sa famille à terminer des études secondaires. Il a ensuite complété un doctorat et ma mère est devenue infirmière.

Mes parents ont eu 10 enfants. Chacun de ces 10 enfants a reçu un diplôme universitaire. Mon père est aujourd'hui décédé. Aujourd'hui, ma mère a 26 petits-enfants. Chacun de ces petits-enfants fréquentera le collège ou l'université parce qu'ils le peuvent, parce qu'on s'attend à ce qu'ils le fassent et parce qu'ils en ont la possibilité.

Maintenant la chose la plus extraordinaire à propos de mon histoire est à quel point elle est ordinaire. Des millions de familles du monde entier doivent leur succès à l'éducation publique.

Mes amis, vous et moi, nous sommes les heureux bénéficiaires de l'éducation publique. La qualité de notre vie, les responsabilités qu'on nous a confiées, l'influence que nous détenons... Il n'y aurait rien de tout cela sans l'éducation que nous avons reçue, l'éducation qu'on nous a donnée.

Et maintenant, chacun à sa façon, nous avons été mandaté par notre génération pour améliorer l'éducation de ceux et celles qui suivent. C'est pourquoi nous sommes ici. Et c'est ce que nous allons faire. Et, au nom de tous ces enfants à qui vous avez enrichi la vie, je vous remercie.