Un système en évolution : Résumé

Contexte

L’Ontario est la province la plus grande et la plus diversifiée du Canada avec un peu moins de deux millions d’élèves répartis dans 5 000 écoles au sein de quatre systèmes d’éducation publics (système public de langue anglaise, système catholique de langue anglaise, système public de langue française et système catholique de langue française). En 2003, le gouvernement a entrepris une réforme de grande envergure, la stratégie ontarienne en matière d’éducation, pour pallier le niveau d’amélioration restreint dans les écoles primaires et secondaires.

La théorie de l’action

Le gouvernement de l’Ontario a défini trois objectifs globaux dans le secteur de l’éducation : 1) améliorer le taux de réussite des élèves, 2) réduire l’écart sur le plan de la réussite des élèves, et 3) accroître la confiance qu’inspire le système d’éducation public. La stratégie ontarienne en matière d’éducation suit une théorie de l’action ancrée dans trois éléments interdépendants de l’amélioration organisationnelle. Cette stratégie permet de bâtir des partenariats et des relations de collaboration à la grandeur du secteur de l’éducation. Ces partenariats permettent de soutenir les enseignants de tous les niveaux dans le partage de pratiques efficaces, dans la façon d’aborder les problèmes récurrents et dans le développement des ressources de leur école ou district afin d’améliorer l’apprentissage. L’accent mis sur les données et la transparence favorise l’amélioration sans juger ni évaluer le rendement au moyen de méthodes ou pratiques péjoratives. 

Domaines d’intérêt et de mise en œuvre

Même si la stratégie est exhaustive, grâce aux nombreuses initiatives connexes, elle se concentre sur huit principaux domaines d’intérêt et de mise en œuvre.

  1. Établir un nombre restreint d’objectifs ambitieux

    L’objectif initial de la réforme était d’accroître l’acquisition de compétences en littératie et en numératie (définie de manière assez large pour inclure les habiletés supérieures de la pensée) chez les étudiants et d’augmenter le taux d’obtention d’un diplôme au secondaire (y compris des innovations visant à faire en sorte que les programmes correspondent mieux aux objectifs de vie des élèves). Ces priorités n’ont pas changé depuis le début.

  2. Une coalition pour l’orientation au sommet

    Dès le départ, il est apparu essentiel de compter sur un leadership centralisé. Une équipe des résultats d'éducation, comprenant le premier ministre, le directeur général du rendement des élèves et d’autres intervenants clés, assure le suivi des progrès accomplis, débat de divers programmes et voit à ce que le système garde le cap.

  3. Des normes et des attentes élevées

    Évidemment, des normes et des attentes élevées sont rattachées aux objectifs ambitieux établis, que l’on nomme parfois « objectifs poussés », en matière de taux de réussite et d’obtention de diplôme.

  4. Investir dans le renforcement du leadership et des techniques d’enseignement

    Le concept qui illustre le mieux la raison d’être de la stratégie ontarienne en matière d’éducation est celui de renforcer la capacité grâce à des investissements importants dans le personnel, les ressources et les stratégies d’intervention bien adaptées.

  5. Faire appel aux données et aux pratiques efficaces dans le cadre d’une stratégie d’amélioration

    Une multitude de nouveaux outils de gestion et d’évaluation de données ont été mis au point pour permettre la collecte d’éléments d’information sur les élèves à l’échelle du système pouvant être intégrés, suivis au fil du temps et utilisés pour la mise au point de politiques et de pratiques.

  6. Intervenir sans sanctionner

    L’une des plus importantes caractéristiques de la stratégie est d’encourager la prise de risques, l’apprentissage et l’échange de pratiques efficaces, en intervenant sans sanctionner.

  7. Être vigilant à l’égard des distractions

    Dès le début, les principaux acteurs de la stratégie ontarienne en matière d’éducation ont adopté une approche proactive relativement aux « distractions », sachant qu’elles seraient inévitables, en s’engageant à réduire leur obstruction aux priorités. Une « distraction » est tout élément qui détourne l’énergie et l’intérêt consacrés à l’objectif principal.

  8. Faire preuve de transparence, ne pas relâcher les efforts et augmenter les défis

    Bien que la stratégie ne soit pas axée sur le jugement, il existe un certain nombre d’aspects qui nécessitent un certain besoin de responsabilisation, notamment la transparence relativement aux résultats et aux pratiques, l’interaction et le partage avec les pairs au sein des écoles et la négociation de cibles et de plans d’implantation.

Résultats

La stratégie ontarienne en matière d’éducation permet de changer les choses, ce qui se traduit par un accroissement du nombre d’élèves qui répondent aux normes provinciales pour l’élémentaire en matière de lecture, d’écriture et de calcul et qui obtiennent leur diplôme de l’école secondaire. La réussite de la stratégie comme partenariat dynamique entre le ministère de l’Éducation, les conseils scolaires de districts et les écoles suppose que les systèmes d’éducation, aussi vastes et variés soient-ils, peuvent s’améliorer grâce à la collaboration et au travail collectif qui met l’accent sur les élèves et honore la diversité culturelle et communautaire.